La foi, du rythme et du mouvement dans ma vie Homélie 5° dim TP A (18.05.2014)

Samedi 17 mai 2014 5° dim TP A St PP et SC Colombes Profession de foi

La foi, du rythme et du mouvement dans ma vie

Cristeros

Il y a quelques jours, j’ai vu un film (Cristeros de Dean Wright) qui raconte notamment l’histoire de José, un garçon mexicain de 13 ans qui se moquait de la religion chrétienne. Par exemple, il a jeté une figue bien mûre sur la tête d’un vieux prêtre pour se moquer de lui. Pour le punir, son parrain lui a demandé de rendre service à l’église. Le prêtre a commencé par lui demander de balayer l’église, puis de devenir servant de messe et enfin de déjeuner avec d’autres prêtres. José, au fur et à mesure, s’est laissé captiver par ce prêtre qui vivait très uni à Jésus et qui est mort assassiné. José, dans le film 'Cristeros'Et José a voulu mieux connaître ce Jésus, pas celui dont parlent des livres comme le héros d’une histoire, mais celui qui veut être l’ami de chacun, celui qui se fait proche des blessés de la vie, dans leur cœur ou leur corps, celui pour lequel des Etienne, Simon-Pierre, Paul et tant d’autres ont donné leur vie. Ce même Jésus que José a refusé de renier, José a aussi refuser de trahir ses amis au point de donner sa vie pour lui, après avoir subi des tortures très douloureuses.

Alors que Jésus parle à ses disciples après son dernier repas, nous entendons ces mêmes mots au cours du temps pascal, comme des paroles de réconfort pour nous, mais aussi pour les morts de nos familles, car la première partie (Jn 14, 1-6) de cet extrait est souvent choisi pour la célébration des obsèques à l’église. Pourtant, avec leurs questions, Thomas puis Philippe nous permettent de faire du chemin par rapport à Jésus : Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? puis Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit.

Jn-14-6-copie-1.jpgJésus est le chemin vers Dieu notre Père, comme il avait dit qu'il était "la porte" (Jn 10). Il est la Vérité sur Dieu et sur l'humanité telle que son Père le veut depuis le commencement. Il est la Vie, pas tant la vie biologique, mais la vie divine, la vie éternelle, « la résurrection et la vie » (Jn 11,25). Jésus nous fait aussi découvrir la communion très forte qui existe entre lui et son Père : Je suis dans le Père et le Père est en moi. Dans les demandes de Jésus, nous comprenons qu’il n’était pas facile pour les disciples de croire en lui : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. […] Croyez ce que je vous dis. […] Si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des œuvres. Et pourtant, nous promet-il, celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes. C’est énorme si on repense à tout ce que Jésus a fait !

http://www.dreamstime.com/head-shot-of-worried-man-thumb5944710.jpgLes nombreux verbes de mouvement que Jésus utilise nous font comprendre que la foi en Dieu nous fait entrer dans un ensemble de relations qui nous mettent en mouvement. Pas un déplacement géographique, mais intérieur, même si cela passe parfois par le doute et des questions. Pourquoi ? Le doute nous met en route. Se poser des questions indique notre recherche et notre soif de comprendre.

Pour certains, la route de la foi passe par un éloignement de Jésus. Ils pensent pouvoir se passer de lui : « je peux vivre sans lui » Et au bout d’un certain temps, à la suite d’un événement, d’une rencontre, d’une lecture ou d’un témoignage, ils se disent en eux-mêmes : « je ne me sens pas bien. Je voulais vivre sans lui. Mais il me manque quelque chose. Quelqu’un ! »

Pour d’autres, c’est le Jésus de leur enfance qu’ils renient, le petit Jésus devant qui on est béat d’admiration à la crèche, ou les fausses images sur Dieu qu’on leur a transmises : ils sont obligés de s’en défaire et de les dépasser pour découvrir le vrai Jésus, pas le Jésus-Zorro qui viendrait rétablir les injustices à notre place, pas le Jésus-Superman qui interviendrait à la place des hommes dès qu’ils sont danger, pas le Jésus-Père Noël qui donnerait tout ce que nous lui demandons sur notre liste de cadeaux, pas le Jésus-Cupidon qui ferait tomber amoureuse de moi la fille avec laquelle j’ai envie de sortir.

La foi, c’est comme dans la ‘Cup song’ (When I’m gone Anna Kendrick). Dans nos vies parfois alourdies par certaines épreuves et le quotidien, dans un monde désenchanté, triste, terne où la routine et la répétition sont là, une jeune femme peut apporter de la bonne humeur dans le restaurant où elle travaille en tapant dans ses mains sur un verre en plastique transmis de main en main des clients. C’est comme l’expérience de la foi, elle se transmet de personne à personne, dans un immense groupe, dans la joie, cette même joie communicative que la chanson « Happy » (Pharrel Williams) communique et au point d’avoir fait le tour de la terre. C’est l’effet « buzz » ! C’est l’effet contagieux et enthousiasmant du beau, du bon, de l’émerveillement et de la joie pour les choses simples. C’est la conversion du regard sur le quotidien.

Et toi veux-tu dépasser tes fausses idées sur Dieu et Jésus ? Toi, veux-tu faire de tes doutes la mise en mouvement d’une recherche stimulante de ce qui est vrai, au-delà des apparences, et de ce qui aide à grandir, petit pas après petit pas. Un doute qui ressemble à une question qui exprime son intérêt. Et toi, veux-tu vivre au rythme de la foi chaque jour ? Et toi, veux-tu passer ton verre en plastique à ton voisin et donner du relief à ta vie ? Et toi, veux-tu proposer la rencontre et l’amitié de Jésus à d’autres ? Et toi veux-tu témoigner de la « joie de croire, [et de la] joie de vivre » (F. Varillon) ?

P. Olivier Joncour

Ac 6, 1-7 ; Ps 32 ; Jn 14, 1-12

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