Homélie 2012.03.11 3° dim Carême B

11 mars 2012 3° dim Carême B St Pierre St Paul de Colombes

 

Le Carême est ce temps qui nous aide à redécouvrir le sens de notre vie de baptisé. Grâce à l'Esprit Saint, nous approfondissons notre relation avec le Seigneur en voyant Jésus parler et agir. Dans la vie comme dans la foi, il y a ce que nous voulons voir et ce qui nous est difficile de voir.

 

Dieu nous donne une Loi

On voudrait se passer de règles et de lois contraignantes qui limitent notre liberté. Pounullrtant, les limites sont faites pour nous sécuriser. C'est la preuve qu'on nous aime. C'est un garde-fou pour nous éviter de faire n'importe quoi. De même que dans n'importe quel jeu de société, il y a un but et une règle du jeu. Et pourtant, à certains moments, il y a une règle écrite nulle part qu'il est tentant de vouloir appliquer : tricher, c'est-à-dire utiliser un ou des moyens frauduleux pour gagner. Par contre, on n'aime jamais qu'un autre triche et réussisse.

C'est pourquoi, dès le 2° chapitre de la Bible, Dieu donne à l'homme une loi. « Tu peux manger de tous les arbres du jardin, mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Gn 2,8) Remarquons que ce n'est pas l'homme qui s'est donné la 1° règle. Il l'a reçue de Dieu. Avant l'interdit, Dieu a donné une autorisation, une permission avant de restreindre, avant de réduire pour éviter que l'homme ne se prenne pour Dieu, pour celui qui fait les lois. Pour éviter que l'homme croit qu'il est tout puissant.

Après que les hébreux aient passé la mer Rouge à pied sec, le Seigneur a voulu conclure une alliance avec son peuple. C'est sur le Sinaï, que Dieu a donné à Moïse et son peuple une loi, le Décalogue, 10 paroles qui définissent les relations avec Dieu et avec les autres, juifs ou non. Quel journaliste n'aurait pas voulu être présent avec Moïse pour assister à cet événement unique. Cette loi vient poser des limites, des barrières de sécurité qui, si on les franchit, met notre vie en danger. Cette charte de vie porte en elle une éthique, une morale pour un vivre ensemble, quelque que soit le lieu et le moment : dans le désert comme nomades pendant les quarante années qui les séparent encore de l'entrée en terre promise, en Canaan comme sédentaires pendant les mois et les années qui suivront. Même si les énoncés de cette loi semblent faciles à comprendre, il reste un long chemin pour l'accueillir cette loi, pour en vivre, pour la respecter pour soi et les autres.

 

Voir Jésus crucifié, croire en Jésus ressuscité sans le voir

Après être allé à un mariage à Cana en Galilée (Jn 2, 1-12), nous avons du mal aussi à voir Jésus chasser les marchands du temple de Jérusalem, tant cela contraste avec sa douceur et son attention à chaque personne. Ce qui le fait réagir, c'est que les marchands s'enrichissent à partir des offrandes à acheter pour les offrir pour les sacrifices. Ne nous habituons pas à un Jésus mielleux ou sucre d'orge. Il est exigent. Il pose un geste prophétique. A travers l'annonce de la destruction du temple, il annonce de façon encore cachée ce qui va lui arriver : la destruction du temple de pierres de Jérusalem annonce sa mort. Autant ce qui était arrivé à celui construit par Salomon avait marqué l'exil à Babylone en – 587 et représenté une catastrophe religieuse et politique, autant Jésus ne considère pas ce qui va lui arriver comme cela, mais comme une renaissance, comme un relèvement, comme un redressement alors qu'il semblait ne plus y avoir aucune espérance. Avec les apôtres désespérés, Dieu, en ressuscitant son fils à Pâques, ouvre une fenêtre ou une une porte dans une impasse.

Pour Marie et les apôtres, après le jugement de Jésus, il n'a pas été facile de le voir crucifié. Même si on s'habitue à voir Jésus sur une croix, St Paul nous rappelle cependant que c'est choquant. C'est un scandale pour les juifs, une folie pour les autres. Dieu vient nous prendre à contre-pied. Il y a parfois des images qui sont insoutenables à regarder : des visages défigurés par des coups ou la souffrance de la maladie, des situations où une personne est bafouée dans sa dignité, … Il y a aussi des visages qui rayonnent, qui éblouissent, qui sourient après la maladie ou un accident grave. Nous sommes invités à croire sans voir, comme Thomas (Jn 20).

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En conclusion, faisons le ménage dans nos fausses représentations sur Dieu alors que se prépare le grand ménage de printemps.. Le carême, c'est «  pas de Gloria, pas d'Alleluia, pas de Nutella ». Le carême, c'est redécouvrir le commandement nouveau du Crucifié qui est ressuscité : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

 

Ex 20, 1-17 ; Ps 18 ; 1 Co 1, 22-25 ; Jn 2, 13-25

P. Olivier Joncour

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