Homélie 2012.02.05 5° dimanche TO B

 Dimanche 5 février 2012 5° TO B St Pierre St Paul de Colombes

 

Dans notre monde hypersécurisé, on veut tout contrôler, tout programmer. On refuse les imprévus. On est prêt à prendre une assurance contre toutes les catastrophes, contre tous les risques. On cherche à atteindre le zéro-accident, le zéro-défaut. La loi veut anticiper tous les dérapages. Pourtant, nous le savons d'expérience, tout ne peut pas s'assurer. Il y a des choix et des décisions qui sont comme des paris sur l'avenir où l'on va avancer jour après jour.

 

1) Dépression et crise du sens de la vie : un mal vivre et un mal être de nos contemporains

Peu de textes disent la souffrance avec des mots aussi justes que ceux de Job. Pour mémoire, il a perdu tout ses biens matériels, son troupeau, ses enfants et sa femme. Ses mots sont poignants, dramatiques. Toute la souffrance de la condition humaine peut s’y retrouver. Or, le but du livre de Job est de classer les explications traditionnelles à la souffrance comme non-pertinentes. Les amis de Job lui disaient que ses malheurs devaient être causés par un péché, et même un péché très très grave. Il n'en était rien. Cependant, même si chez Job la souffrance est un cri, presque une révolte, ce cri est adressé à Dieu. Il est déposé aux pieds du Seigneur.

Dans notre monde contemporain caractérisé par le stress, par l'anxiété, par la déprime. Comment réagissons-nous ? Avec des antidépresseurs ? Avec des enfermements en Hôpital Psychiatrique ? Face au malaise, aux dépressions à répétition, à la morosité ambiante, face au poids du jour, et au fardeau de la vie, le chômage, les parents âgés qui perdent leur autonomie, les enfants qui compromettent leur avenir par des conduites à risques, Job nous montre que toute cette souffrance, aussi incompréhensible qu'elle soit, n'est pas une punition divine, mais que nous pouvons tout confier au Seigneur qui est innocent du mal, du malheur et de la mort.

 

2) Pour vivre la Nouvelle évangélisation, regardons comment Jésus agit et parle à travers trois tableaux successifs :

+ Premier tableau : Jésus s'approche de la belle-mère de Simon qui est malade. Il n'a pas peur. Il se met à sa hauteur et lui offre son aide pour la relever, pour la ressusciter. C'est le même verbe en grec. Que devient celle qui est celle qui est guérie ? Elle se met à servir.

+ Deuxième tableau : Jésus se laisse approcher par tous les malades. Il ne fuit pas. Il accepte que son emploi du temps soit bouleversé parce qu'il est avant tout sorti pour ces blessés de la vie. A l’exemple du Christ et par lui, la mission de l’Eglise, son service, est de « guérir », de remettre debout les personnes qui s’adressent à elle dans leur mal-être, de corps, de cœur ou d’esprit. Plus particulièrement ceux qui sont tourmentés spirituellement, qui ont souvent compris, avant les autres, que la Bonne Nouvelle du Salut en Jésus est pour eux.

+ Troisième tableau : Jésus prépare sa nouvelle journée alors qu'il fait encore nuit. Il part, dans un endroit désert pour prier, dans un cœur à cœur avec son Père. Sans doute demande-t-il « délivre-les du mal ». Puis, il s'en va dans le reste de la Galilée, refusant de répondre à la recherche de ceux qui l'ont déjà vu, car il veut creuser le désir de ceux qui ne le connaissent pas encore. Il poursuit sa route. Nul ne peut mettre la main sur lui. Et son enseignement, avec autorité, dans les synagogues est confirmé par les guérisons qui authentifient sa parole. Jésus se fait tout à tous, pour reprendre l'expression de l'apôtre St Paul. Comment commençons-nous notre journée ? Comment préparons-nous nos rencontres ? Restons-nous toujours dans le cercle de nos intimes ou acceptons que Jésus nous fasse rencontrer d'autres personnes dans des lieux prévus et d'autres imprévus, inattendus ?

 

Finalement, notre monde s'en trouverait bien bouleversé et changé s'il faisait place à l'inattendu de Dieu comme Job, Paul et Jésus nous en montre l'exemple :

- Avec Job, nous pouvons présenter au Seigneur nos incompréhensions, nos questions, sans craindre le blasphème.

- Comme St Paul, nous pouvons apprendre à aller vers ceux qui sont déjà aimés de Dieu et que nous ne connaissons pas encore, dans notre voisinage, dans nos loisirs,

- A l'exemple de Jésus, nous pouvons tendre la main aux personnes malades et seules. Prions pour les malades de notre paroisse, dont ceux qui viendront dimanche prochain recevoir l'onction des malades pour que notre Eglise continue ce que Jésus faisait en son temps, car nous pouvons proclamer la Bonne Nouvelle que Jésus se fait proche de toute personne, même souffrante.

Jb 7, 1-4.6-7 ; Ps 146 ; 1 Co 7, 32-35 ; Mc 1, 29-39

OJ+

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