Face à la tentation, le 'Notre Père' Homélie 1° dimanche Carême A (9.03.2014)

Dimanche 9 mars 2014 1° dim Carême A

Face à la tentation, le 'Notre Père'

Nous avons entendu le récit de la création d’Adam, le premier homme, en qui Dieu a mis son Souffle de vie pour en faire un être libre et responsable. Dans un passage que nous n’avons pas entendu, le Seigneur Dieu a donné une règle à l’homme : il l’a autorisé à manger des fruits de tous les arbres du jardin à l’exception d’un seul (Gn 2, 16-17). Autrement dit, Dieu est celui qui fixe les règles, le cadre de vie et les limites. Dans cette restriction, Dieu permet à Adam de comprendre qu’il n’est pas tout puissant, car seul le Seigneur l’est.

Le serpent de Genèse 3 parle, comme dans les dessins animés (Livre de la Jungle)Après la création de la femme (Gn 2,21-22), un troisième personnage apparaît : un animal qui parle, comme dans les dessins animés : le serpent. Il s’adresse à la femme et dit tout le contraire de ce qu’avait dit Dieu : Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin. Il dit le contraire de la vérité. Il est menteur. Il veut même faire passer le Seigneur Dieu pour un menteur. Il veut faire croire à la femme que Dieu n’est pas aussi bon et généreux que ce qu’il prétendait. On comprend pourquoi, il est surnommé le ‘père du mensonge’.

Dans le récit des tentations de Jésus au désert, nous retrouvons le serpent avec une autre identité et d’autres noms : le diable, le tentateur, satan. Il a changé de masque, mais c’est toujours le même. A d’autres moments, on l’appelle aussi l’adversaire. A chaque fois, il essaie d’atteindre le même objectif : essayer de casser la foi que l’Homme met en Dieu.

Baptême de Jésus au JourdainNous l’avons entendu, juste avant d’être conduit au désert, Jésus a été baptisé par Jean dans le Jourdain. Et la voix du Père a dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » et l’Esprit Saint est descendu sur lui  sous la forme d’une colombe (Mt 3,16b-17). Au bout des 40 jours, les deux premières tentations commencent sur cette remise en cause de l’identité de Jésus : Si tu es le Fils de Dieu.

Le diable axe les trois tentations sur Jésus. A chacune d’elles, nous pouvons trouver une solution dans les demandes du ‘Notre Père’ Au pain, qui est pour remplir le ventre de Jésus, que l’on veut prendre, capter, saisir, prendre, voler comme le fruit dans le jardin d’Eden : alors que le Seigneur Dieu veut donner, et qu’il proposait à l’homme d’ouvrir la main pour recevoir : « Donne-nous notre pain de ce jour. » Aux anges qui pourraient venir sauver celui qui se jetterait dans le vide du sommet du Temple, correspond cette demande : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Au pouvoir sur le monde et à la toute-puissance sur les personne et Dieu, il y a cette double prière : « que ton règne vienne », puis « c’est à Toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire ».

L’enjeu de toute tentation est de savoir si je vais choisir Dieu ou non. Nous le savons une nouvelle traduction de la demande du Notre Père a été rédigée pour changer ce qui pourrait laisser croire que c’est Dieu qui tente et qui soumet à la tentation : « ne nous soumets pas à la tentation » qui va devenir « ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Nous voyons alors comment la méditation de la prière du Notre Père peut être pour chacun de nous un vaccin ou un antidote : un vaccin pour éviter de tomber dans le péché quand elle se présente, un antidote quand on a été empoisonné en ayant péché : « pardonne-nous nos offenses ».

Même si Adam a refusé d’entrer dans la logique du don de Dieu en prenant, Dieu n’a pas désespéré et il a continué à donner : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils » (Jn 3,16a) et son Esprit aux apôtres et à l’Eglise à la Pentecôte (Ac 2). Accueillons ces quarante jours du carême et la prière du Notre Père comme une belle occasion de redécouvrir notre être d’enfant de Dieu qui pouvons Le prier en Lui disant : « Notre Père, … ».

Gn 2,7-9 . 3,1-7 ; Ps 50 ; Rm 5, 12-19 ; Mt 4, 1-11

 P. Olivier Joncour

DiMails © 2006 -  Hébergé par Overblog