Accueille la nouveauté de Dieu Homélie Nativité St Jean Baptiste 2012.06.24

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Accueille la nouveauté de Dieu

 

Six mois avant Noël, nous célébrons la naissance de Jean, le fils de Zacharie et Elisabeth. Sa naissance de parents âgés nous rappelle celle d’Isaac, le fils d’Abraham et Sara. Quel est le point commun entre les naissances de ces deux fils uniques, espacées de 18 siècles ? Dans les deux cas, elles ouvrent une vraie nouveauté pour leurs parents : à l’âge où leurs amis étaient grands-parents, eux devenaient parents de leur premier enfant. Au-delà de leur famille humaine où Dieu permet à deux femmes stériles de donner la vie, comme il fait reverdir le désert ou ressusciter les morts, c’est une nouvelle étape dans le projet de Dieu pour l’humanité. Avec la descendance d’Abraham, il voulait montrer qu’il était possible à une part de l’humanité de vivre en alliance avec lui. Avec la naissance de Jean, c’est le commencement de la phase où le Dieu unique veut se faire c onnaître à tous.

 

1) Dieu nous connaît et nous aime bien avant même que nous le sachions.

nullC’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. […] Mes os n’étaient pas cachés pour toi quand j’étais façonné dans le secret. Tu me connais. C’est une relation d’amitié, de proximité. Quelque soit notre âge, nous faisons la découverte que nous sommes aimés de façon inconditionnelle par Dieu. « J’ai été désiré par Dieu. J’ai été voulu et attendu. » L’Amour de Dieu, à défaut de celui de nos parents, nous entoure depuis notre conception. C’est la bonne nouvelle de l’enfantement : tout enfant dans le ventre de sa mère, en bonne santé ou avec de graves complications ou des malformations est connu de Dieu et aimé par Lui.

A l’adolescence, tout n’est pas facile, manque de confiance en soi, tant de changements intérieurs et extérieurs. Dans notre cœur, une question revient parfois : est-ce que j’y arriverai ? Si nous ne comptons que sur nous, cela risque d’être plus difficile, mais si nous acceptons les conseils et l’aide des autres et celle du Seigneur, nous serons conduits plus loin que ce que nous aurions pu faire et réaliser seul. Avec l’Esprit St dans notre vie, tout ce qui est bon est possible.

 

2) Répétition ou nouveauté ?

On voit que la question se pose au moment du choix du prénom du fils de Zacharie et Elisabeth. Les voisins et la famille qui voulaient le nommer Zacharie comme son père. Comme Zacharie était muet depuis 9 mois, la question est posée à la mère. Jean signifie « Dieu fait grâce ». Dieu fait grâce à Zacharie et Elisabeth. Dieu fait grâce à son peuple Israël. Dieu veut faire grâce à tous les hommes. Zacharie, le père à qui il revient de donner le nom, confirme ce qu’a dit Elisabeth en l’écrivant sur une tablette. Il devient ainsi le St Patron des geeks, lui qui avait déjà une tablette alors qu’il n’y avait pas encore de wifi ni de réseau 3G ! Pourquoi Jean ? Ce prénom demandé par Dieu 9 mois plus tôt, lorsqu’un ange l’a annoncé à Zacharie dans le Temple (Lc 1,13b).

L’enjeu est donc de savoir si on répète ou si on accueille la nouveauté de Dieu ? « Quoi de neuf, docteur ? » demande le lapin du dessin animé de notre enfance. Allons-nous répéter ce qu’on a toujours fait, de façon cyclique, éternel  recommencement mortifère, ou accueillir l’irruption de Dieu dans notre vie ? Est-ce que stagne ou est-ce que j’accepte de me laisser déplacer ? Est-ce que, comme Jean le Baptiste plus tard, je peux dire comme lui : il faut que je diminue et que le Christ grandisse en moi ?

 

3) Dans son amour, Dieu a un projet pour chacun.

 devenir saintIl y a un temps pour tout. En réduisant les occasions de nous plaindre et de nous comparer aux autres et d’avoir peur du regard des autres sur nous, nous risquons d’en oublier d’être nous-mêmes et de devenir ce que le Seigneur nous propose. Il ne veut rien d’autre que nous soyons des saints dans des modalités aussi différentes que dans son couple et sa famille, comme prêtre, comme religieux ou religieuse, dans son travail, dans ses engagements au service des autres, dans la vie associative ou politique.

S’il y a un temps pour gémir, pour le plaindre, il y a aussi un temps pour remercier, pour reconnaître ce qui est bon, comme le psalmiste nous en donne l’exemple. Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis. Qu’est-ce qui m’étonne positivement chez moi ? Que sera donc cet enfant ? et les autres ? et par rapport à Dieu, suis-je blasé ? Etonnantes sont tes œuvres, toute mon âme le sait. Apprenons à nous émerveiller de ce que Dieu fait et ne jamais en être blasés !

 

Finalement, c’est cela la Christ Academy : accepter ses limites et que parce que Dieu nous aime, je peux progresser. Dans le pardon, je découvre que j’ai le droit à l’erreur si je tire les leçons de ce que j’ai vécu et de mes échecs, de mes maladresses. C’est aussi savoir écouter et raconter ce qu’on a vécu. Il s’agit de donner la parole à chacun et de faire parler les muets qui pensent que ce qu’ils ont en eux n’a pas d’intérêt. Quel beau et grand rôle que celui des animateurs par rapport aux collégiens ou lycéens de leur équipe et aussi par rapport à vos copains de classe.

Is 49, 1-6 ; Ps 138 ; Ac 13, 22-26 ; Lc 1, 57-66.80

P. Olivier Joncour 

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