4° dimanche de Carême A (Jean 9, 1-41) (DiMail 11)

10/03/02
DiMail 11 (revu)

En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance.
Ses disciples l'interrogèrent : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? »
Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents. Mais l'action de Dieu devait se manifester en lui.
Il nous faut réaliser l'action de celui qui m'a envoyé, pendant qu'il fait encore jour ; déjà la nuit approche, et personne ne pourra plus agir.
Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Cela dit, il cracha sur le sol et, avec la salive, il fit de la boue qu'il appliqua sur les yeux de l'aveugle, et il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » (ce nom signifie : Envoyé). L'aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.
Ses voisins, et ceux qui étaient habitués à le rencontrer - car il était mendiant - dirent alors : « N'est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »
Les uns disaient : « C'est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c'est quelqu'un qui lui ressemble. » Mais lui affirmait : « C'est bien moi. »
Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-il ouverts ? »
Il répondit : « L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a frotté les yeux et il m'a dit : 'Va te laver à la piscine de Siloé.' J'y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j'ai vu. »
Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. »
On amène aux pharisiens cet homme qui avait été aveugle.
Or, c'était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux.
A leur tour, les pharisiens lui demandèrent : « Comment se fait-il que tu voies ? » Il leur répondit : « Il m'a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et maintenant je vois. »
Certains pharisiens disaient : « Celui-là ne vient pas de Dieu, puisqu'il n'observe pas le repos du sabbat. » D'autres répliquaient : « Comment un homme pécheur pourrait-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés.
Alors ils s'adressent de nouveau à l'aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu'il t'a ouvert les yeux ? » Il dit : « C'est un prophète. »
Les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme, qui maintenant voyait, avait été aveugle. C'est pourquoi ils convoquèrent ses parents
et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu'il est né aveugle ? Comment se fait-il qu'il voie maintenant ? »
Les parents répondirent : « Nous savons que c'est bien notre fils, et qu'il est né aveugle.
Mais comment peut-il voir à présent, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s'expliquer. »
Ses parents parlaient ainsi parce qu'ils avaient peur des Juifs. En effet, les Juifs s'étaient déjà mis d'accord pour exclure de la synagogue tous ceux qui déclareraient que Jésus est le Messie.
Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »
Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »
Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n'en sais rien ; mais il y a une chose que je sais : j'étais aveugle, et maintenant je vois. »
Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t'ouvrir les yeux ? »
Il leur répondit : « Je vous l'ai déjà dit, et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m'entendre encore une fois ? Serait-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ? »
Ils se mirent à l'injurier : « C'est toi qui es son disciple ; nous, c'est de Moïse que nous sommes les disciples. Moïse, nous savons que Dieu lui a parlé ; quant à celui-là, nous ne savons pas d'où il est. »
L'homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d'où il est, et pourtant il m'a ouvert les yeux. Comme chacun sait, Dieu n'exauce pas les pécheurs, mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, il l'exauce. Jamais encore on n'avait entendu dire qu'un homme ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si cet homme-là ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »
Ils répliquèrent : « Tu es tout entier plongé dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.
Jésus apprit qu'ils l'avaient expulsé. Alors il vint le trouver et lui dit : « Crois-tu au Fils de l'homme ? »
Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »
Jésus lui dit : « Tu le vois, et c'est lui qui te parle. »
Il dit : « Je crois, Seigneur ! », et il se prosterna devant lui.
Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. »
Des pharisiens qui se trouvaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous des aveugles, nous aussi ? »
Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : 'Nous voyons !' votre péché demeure.

Traduction AELF

En ce 4° dimanche de Carême A, Jésus rend la vue à un aveugle de naissance (Jn 9, 1-41).
Cet Evangile rejoint le baptême sur les thèmes de la lumière et de l'aveuglement. Dans toute rencontre et dans tout dialogue, il se passe une véritable transformation pour chacun des protagonistes. Ici, tant l'aveugle que les juifs et les pharisiens connaissent des passages qui sont inversés : pour le premier, cela va vers une plus grande illumination et une croissance de sa foi, pour les autres, il s'agit d'un aveuglement et d'un endurcissement qui se renforce.
Voici quelques questions pour l’Evangile de ce dimanche :
- Sur quel(s) point(s) le Christ m'a-t-il ouvert les yeux récemment?
- Qu'est-ce qui peut m'empêcher de m'ouvrir sur l'inattendu, sur l'inouï? dans ma vie? dans celle des autres?
- Sur quel(s) sujets mes parents me font-ils confiance et m'invitent-ils à répondre moi-même?
- Sur quel(s) point(s) de la foi ai-je besoin des éclaircissements?
- Comment ma foi me fait-elle porter un regard nouveau sur le monde, les autres et ma propre vie?
Pour les couples et les (grands-) parents :
- Dans quel(s) domaine(s) et sur quel(s) sujet(s) invitons-nous nos (petits-) enfants à répondre par eux-mêmes? Comment tenons-nous compte de leur maturité et de leur âge?
- Comment éclairons-nous nos (petits-) enfants par notre manière de vivre, de nous aimer, de leur donner des conseils, ...?
Pour ceux qui travaillent (professionnellement ou à la maison) :
- Dans mon travail, qu(i)’est-ce que je ne veux pas voir?
- Quelle parole du Christ, ou d’un collègue m’a ouvert les yeux sur ce que je vis là où je travaille?
Pour les ados :
- Quand ai-je eu du mal à dire à des copains/copines que j'étais chrétien(ne)?
- A qui est-ce que cela ne m'a pas posé de difficultés de témoigner de ma foi en Jésus?

Bonne semaine.
OJ+

Voir aussi 1° lecture (1 S 16, 1.6-7.10-13a) [DiMail 157]
Voir aussi le psaume (Ps 22 (23)) [DiMail 521]
Voir aussi la 2° lecture (Ep 5, 8-14) [DiMail 316]
Voir aussi l'Evangile du 4° dimanche de Carême B (Jn 3, 14-21) [DiMail 64]

Lire l'homélie "Hôpital de campagne" (26.03.2017)
Lire l'homélie "Jésus, présent en filigrane" (30.03.2014)

Jésus rend la vue à un aveugle de naissance (Evangéliaire d'Egbert)

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