Pas d'Eglise sans la messe du dimanche Homélie 5° dim Temps pascal A (14.05.2017)

Dimanche 14 mai 2017 5° dim TP A St PP Colombes 1° Communion

Pas d'Eglise sans la messe du dimanche

(et pas de messe sans l'Eglise)

Cette nuit, j’ai fait un rêve où ma maman venait me réveiller le dimanche matin. Et elle me disait : « Olivier, c’est l’heure ! Il faut que tu te réveilles ! » « Non, je n’ai pas envie. Je veux dormir » Et 5 minutes plus tard : « Olivier, il faut que tu te lèves maintenant, sinon tu vas être en retard. » « Pas encore ! » « Olivier, tu n’as pas le choix : à la messe de 11h00, 37 enfants du catéchisme vont communier pour la première fois et c’est toi le curé de la paroisse ! »

Je vois le visage de certains se décomposer : s’il ne s’était pas réveillé, il n’y aurait pas eu la messe, mon enfant ne ferait pas sa 1° communion et le repas préparé n’a plus aucun sens ! Et j’en entends d’autres se dire : ‘moi, j’ai droit à ma messe. Je n’imagine pas l’Eglise sans messe le dimanche.’

Nous avons entendu Jésus dire aux apôtres, juste après son dernier repas et qu’il leur ait lavé les pieds : que votre cœur ne soit pas bouleversé. Sommes-nous des enfants, des femmes et des hommes de foi ou ne voyons-nous l’Eglise que comme une organisation ? L'Eglise est réunie le dimanche pour écouter la Parole de Dieu et célébrer l'EucharistieN’est-elle pas bien davantage ce rassemblement des frères et sœurs d’adoption de Jésus, rassemblés par Dieu pour être témoins de son amour ? N’est-Elle pas née en situation de crise : son fondateur qui est trahi par un de ses amis, arrêté, jugé et condamné à mort alors qu’il était innocent, a donné sa vie et nous a aimés jusqu’à souffrir passionnément avant de mourir. Et tous ses proches qui ont fui, à l’exception de sa mère et d’un de ses disciples. Descendu de croix, vraiment mort, mis au tombeau qu’une énorme pierre ferme et enveloppé dans un linceul. Il est celui dont parle le psaume que cite St Pierre dans sa lettre : il est la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs [qui] est devenue la pierre d’angle.

Pourtant, il n’y est plus présent le troisième jour. Disparu. Absent. Il reste juste le linceul. « Que votre cœur ne soit pas bouleversé. Vous tenez à moi. Je tiens aussi à vous. Vous comptez pour moi. Serais-je allé si loin si vous n’aviez pas du prix à mes yeux. Aurais-je parcouru le Chemin de croix si je pensais que cela n’en valait pas la peine ? Qu’aurais-je pu vous dire d’autre que la Vérité sur Dieu mon Père, mais aussi sur vous pour vous aider à grandir, pour vous présenter Celui qui vous a donné la vie et qui veut le meilleur pour vous ? Qu’ai-je d’autre à vous proposer que la Vie : pas seulement la vie biologique du corps, mais la Vie en abondance : la Vie divine, avec ta famille, tes voisins, tes collègues de travail, à l’école, au sport ou à la musique. Cette Vie, elle coule en toi depuis le baptême, depuis ta 2nde naissance. »

Pour continuer à grandir, à se fortifier, à s’épanouir, la nourriture ordinaire n’est pas suffisante. Celle-ci, notre organisme la décompose pour y trouver l’énergie pour que notre corps soit en pleine forme et en bonne santé. Pour nourrir la Vie en plénitude, Jésus s’est donné lui-même en nourriture - « Ceci est mon corps Mangez-en tous » - pour permettre à chaque membre de l’Eglise de recevoir l’aide qui lui est L'Eucharistie "fait" l'Eglisenécessaire, essentielle. C’est cela recevoir la communion eucharistique à la Messe : c’est Jésus mort et ressuscité qui vient, d’une part, nous changer pour devenir comme lui, des Vivants, des Ressuscités, des hommes et des femmes libres. Et d’autre part, il vient resserrer les relations entre nous par la puissance de son Esprit saint qui crée une communion d’amour.

Quand nous avons conscience que nous avons laissé s’endormir cette Vie divine, que nous ne l’avons pas entretenue ni entraînée par la prière, par la lecture de la Parole de Dieu, par le service des autres au nom de sa foi, dans le témoignage, que peut-on faire ? Certains se disent que c’est trop tard. « A quoi bon ! J’ai trop de retard ! » D’autres réalisent que s’ils le décident, ils peuvent se faire aider, ils savent qu’il y a un premier pas à faire, plus facile qu’on ne le pense, mais que c’est possible. D’autres prennent conscience que, dans le domaine de la foi, ils sont comme paralysés, endormis : ils ont besoin d’un grand réveil intérieur. La Belle (Esprit Saint) au bois dormant réveillée par son prince charmant (Dieu le Père)Ils sont comme la Belle au bois au dormant que leur prince vient réveiller. Ils peuvent demander au Seigneur de réinitialiser l’Esprit Saint qui est en eux, de demander pardon pour cet oubli, pour cette distance, pour leur indifférence. Ils découvrent une Eglise différente de celle qu’ils connaissaient quand ils ont pris de la distance : une Eglise joyeuse, qui donne envie de La rejoindre et de participer à sa vie, qui nous accompagne dans tous les moments de notre vie, pas seulement aux grandes fêtes et dans les coups durs, une Eglise qui célèbre la messe et qui sait qu’au rendez-vous du dimanche, Elle présente la semaine passée, Elle se pose, prend du recul, prie, chante, écoute le Seigneur lui parler, prend des forces pour la nouvelle semaine. C’est cela qui nous permet de croire, d’oser vivre avec Jésus la joie de la rencontre, de tenir dans ce monde difficile, et de faire des œuvres plus grandes que celles de Jésus ! Ce sont autant de raisons qui, comme prêtre, me font me lever avec enthousiasme le dimanche pour rejoindre notre communauté dispersée la semaine rassemblée par le Seigneur, et j’espère que d’autres pourront goûter cette même joie de se donner à Lui pour son Eglise et le monde.

Ac 6, 1-7 ; Ps 32 ; 1 P 2, 4-9 ; Jn 14, 1-12

P. Olivier Joncour

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