Nouveautés pour le Carême Homélie 2° dim Careme A (12.03.2017)

Dimanche 12 mars 2017 2° dim Carême A St Bernard et Sacré Cœur, Colombes

Nouveautés pour le Carême

A l’écoute de cet évangile, on peut penser que Jésus a ses chouchous : Pierre, Jacques et Jean. Ce sont des privilégiés à qui Jésus demandera plus tard, après sa résurrection, de témoigner de ce qu’ils ont vu ce jour-là sur la haute montagne. Il y a une continuité et des changements !

Une continuité

Dans ce récit, quatre éléments montrent l’ancrage de Jésus dans l’Alliance avec la descendance d’Abraham : il y a Moïse, Elie, la haute montagne et la nuée. Tous ces aspects nous rattachent à la première Alliance au Sinai : D’abord, Moïse, c’est la Loi, la Torah, non seulement les Dix Commandements donnés pas Dieu à son peuple, mais aussi les cinq premiers livres de la Bible.

Elie, ensuite : il représente les prophètes que Dieu envoie à son peuple qui oublie l’Alliance conclue avec leurs pères. C’est la deuxième grande partie de la Bible juive. Tous les deux ont en commun d’être à l’écoute de la Parole de Dieu.

Celui-ci est mo Fils bien aimé en qui je trouve ma joie. Ecoutez-leAprès la désignation de Jésus par Dieu le Père comme son Fils bien-aimé, les 3 apôtres et nous comme eux, nous sommes invités à nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, de Jésus, le Fils en qui Dieu notre Père a tout dit.

La montagne, anonyme de cet épisode, nous fait penser à cette Montagne si importante pour le peuple juif : le Sinaï, qui s’appelle aussi l’Horeb. C’est là que le Seigneur a donné les 10 commandements à Moïse après 40 jours. C’est là que le Seigneur a réconforté Elie qui était persécuté.

La nuée lumineuse, c’est la présence de Dieu qui guide son peuple au désert pendant les 40 ans.

Des changements

Avec Moïse et Elie, c’est le temps des passages : Moïse a permis au peuple hébreu de passer la Mer Rouge à pied sec en quelques heures, puis de passer de l’esclavage en Egypte à la liberté en Terre promise : il faudra 40 ans d’errance pour découvrir comment mettre en pratique cette Loi, qui est un guide, un cadre qui organise les relations avec Dieu et entre les personnes du peuple juif. Moïse peut aussi nous aider à vivre des changements, à nous laisser transformer par Dieu en quittant certaines dépendances et habitudes mauvaises pour nous en libérer, pour nous ouvrir un nouvel avenir, avec Lui et les autres.

Elie est marqué par la discrétion de Dieu qui ne manifeste pas sa présence dans des grands bouleversements climatiques ou de l’univers mais dans le fin murmure d’une brise légère, et la fidélité même dans les difficultés, même dans un contexte où on est le seul croyant, ou dans une situation de persécution, comme ce fut le cas avec la reine Jézabel (cf. 1 R 19).

Avec Abram, nous étions déjà dans la situation des passages, des nouveautés : un appel et une double promesse – un pays et une descendance – promesse venant d’un Dieu inconnu, d’un Dieu unique, d’un Dieu personnel, le Seigneur. Le Seigneur a été libre de choisir Abram. Ce dernier était libre d’accepter ou non. Abram n’a pas posé de conditions, il n’a pas marchandé. Abram s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit. Il a donné une réponse en actes.

Pour ce carême, le Seigneur nous demande peut-être de partir vers un horizon nouveau, inconnu pour commencer une nouvelle phase de notre vie. Nous voyons que ce n’est pas une question de jeunesse. Même à 75 ans, il peut lancer un appel à quelqu’un. Vais-je faire confiance à ce Dieu qui m’est moins inconnu qu’à Abram ? Quelle terre nouvelle veut-Il me faire découvrir ? Quelles personnes nouvelles veut-Il me faire rencontrer ? La foi en Dieu est une aventure exaltante, une aventure qui fait grandir, une aventure décoiffante, une aventure qui bouscule les repères habituels, une aventure qui vaut le coup d’être vécue et de proposer à d’autres de la vivre !

Si nous avions une question à poser au Seigneur dans la prière pendant ce carême, ce serait de savoir quel genre de disciple(s) Il m’appelle, Il nous appelle à devenir. Des disciples paisibles ? Des disciples tranquilles dans le confort de leur vie quotidienne ? Ou des « disciples-missionnaires » comme en parle le pape François dans La Joie de l’Evangile ? Des disciples qui sont envoyés partager cette rencontre avec le Transfiguré, avec le Ressuscité de Pâques, qui brûlent du feu de l’Amour de Dieu, de cette Lumière divine qu’ils ont vu briller sur le visage de Jésus, au point de chanter : « Fais briller sur moi la lumière de la joie, Seigneur ! Fais briller sur moi la lumière de la joie ! » (Alégria, Lumière de joie).

Gn 12, 1-4a ; Ps 32 ; 2 Tim 1, 8b-10 ; Mt 17, 1-9

P. Olivier Joncour

DiMails © 2006 -  Hébergé par Overblog