Eclairages sur le mariage Homélie 28° dim TO C (8.10.2016)

Samedi 8 octobre 2016 28° dim TO C St PP Colombes, Mariés de l’année 2016

Eclairages sur le mariage

Qu’est-ce qui nous a amenés à venir à la messe ? Pour les uns, ce sera une invitation, pour d’autres, la joie de se retrouver pour formuler une prière particulière ou pour remercier le Seigneur pour une grâce reçue, pour d’autres une date anniversaire ou l’humilité de reconnaître que, sans Jésus, il manque la joie dans nos rencontres. Les deux lectures et le psaume de la messe donnent des pistes très intéressantes pour les jeunes mariés, ainsi que pour les moins jeunes.

Comme Elisée par rapport au général païen Naaman, dans la vie de couple, ou avec ses enfants, il arrive de demander à l’autre quelque chose qu’il ne comprend pas tout de suite. Mais il va le faire, car il sait que la personne qui le lui demande veut son bien et qu’il l’aime !
Chanson d'un coupleComme le psalmiste qui invite l’assemblée à chanter un chant nouveau, chaque couple a une chanson qui est devenue sa chanson, car elle rappelle un moment décisif ou important de l’histoire du couple. Et chaque fois que l’homme et la femme entendent cette chanson, qu’ils dansent ensemble ou qu’ils la fredonnent, c’est le même effet que la madeleine de Proust : l’événement fondateur revient au premier plan de leur mémoire et de leur conscience avec une douce nostalgie.
De même que le Seigneur a fait connaître sa victoire, chaque disciple de Jésus, chaque croyant qui témoigne de sa foi en actes ou en paroles, mais aussi chaque couple doit célébrer les petites victoires qu’il a remportées avec l’aide de Dieu Victoire pour un pardon échangé dans un couplepour un pardon échangé après une dispute, pour une épreuve personnelle, une difficulté conjugale ou d’un enfant et dont on peut sortir grandis, pour un choix qui fait grandir et aimer davantage alors que la décision a été difficile et longue à prendre.
A chaque fois que, comme Paul qui a supporté tout pour ceux que Dieu a choisis, nous avons supporté une parole maladroite de la personne aimée, un manque de patience dont nous ne sommes pas à l’origine, l’oubli d’une date importante ou d’une demande qui n’a pas été entendue, un manque d’attention, un « je t’aime » qui a été oublié, une demande de pardon qui a du mal à être formulé, c’est comme une blessure ouverte qui saigne et qui n’est pas forcément visible.
De même que le Christ reste fidèle à son Alliance et à son engagement vis-à-vis de chacun de nous, y compris si nous ne le sommes pas vis-à-vis de lui, nous savons que chacun peut puiser dans cette fidélité inconditionnelle et éternelle, la force de lui rester fidèle alors que beaucoup de choses nous poussent à L’oublier, et de rester fidèle à la personne avec qui nous formons une communion d’amour, unique, pour toute la vie, car les personnes se sont choisies librement et qu’elles veulent porter du fruit ensemble là où elles sont et dans l’Eglise.

Avez-vous aussi remarqué que, dans l’Evangile, nous retrouvons les grandes étapes de la messe ? Jésus passe dans nos vies, dans nos villes et nos villages. Certains qui ont entendu parler de lui, quittent leur lieu de vie et vont vers lui, à sa rencontre. Lors de la prière pénitentielle, nous sommes comme les lépreux, atteints visiblement ou non par les conséquences des péchés que nous avons pu dire ou faire. Et nous disons à Jésus : « Seigneur Jésus, prends pitié de nous. Ô Christ, prends pitié de nous. » Ensuite, Jésus nous parle. Sur les dix lépreux guéris, un seul revient remercier JésusNous sommes parfois moins rapides que les lépreux à faire ce qu’il nous demande, surtout si nous ne comprenons pas pourquoi. Il nous demande de lui faire confiance. Il peut agir à distance si nous nous mettons en mouvement, si nous acceptons d’être bousculés et dynamisés par sa parole. Dans cette histoire, nous faisons notre part et il fait la sienne, comme au mariage à Cana (Jn 2, 1-12) !
Quand nous avons constaté un changement, une transformation bien réelle dans notre vie, combien font preuve de gratitude, n’oublient pas celui qui a agi, et viennent ensuite le remercier et reconnaître que c’est Dieu qui a agi dans leur maladie, dans leur pauvreté, dans leur faiblesse ? Un sur dix ? La
messe est ce moment de la semaine où nous pouvons Le remercier et rendre gloire à Dieu. Et si nous aidions ceux qui ne viennent pas prier avec nous à reconnaître les signes Nous tous, baptisés, nous sommes disciples-missionnaires. ...et les traces de son action dans leur vie, à se rappeler de ce qu’ils Lui ont demandé dans leur prière et de découvrir comment Il a répondu, parfois au-delà de leurs attentes. A la fin de la messe, nous sommes aussi envoyés pour témoigner. Nous qui avons « rencontré l’amour de Dieu en Jésus-Christ, nous ne disons pas que nous sommes ‘disciples’ et ‘missionnaires’, mais toujours que nous sommes ‘disciples-missionnaires’. » (François, Joie de l’Evangile 120)

2 R 5, 14-17 ; Ps 97 ; 2 Tm 2, 8-13 ; Lc 17,11-19
P. Olivier Joncour

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