Devenir disciple Homélie 23° dim TO C (4.09.2016)

Dimanche 4 septembre 2016 23° dim TO C messe de rentrée SESH, Colombes

Devenir disciple

Dans les consignes d’envoi que Jésus ressuscité donne, et même ordonne aux apôtres, il y a celle-ci : « De toutes les nations, faites des disciples. » (Mt 28,19a) devenez des pécheurs d'hommesAutrement dit, après avoir été appelés chacun personnellement par Jésus par leur prénom, après être entrés à son école en suivant une formation de trois ans comme apprentis en écoutant ses enseignements et ses paraboles, et en étant témoins de ses guérisons, après avoir été choisis pour faire partie du groupe des Douze pour devenir ses plus fidèles compagnons en faisant l’expérience de ce que Jésus leur confie, vient ce quatrième stade où les compagnons deviennent à leur tour des formateurs de nouveaux disciples de façon officielle, avec l’aide de l’Esprit Saint, en communion d’esprit et de prière les uns avec les autres de par l’espace où ils sont présents et dispersés.

Après le repas chez un chef des pharisiens où il a raconté deux paraboles le choix de la dernière place et les invités remplacés par ceux qui n’avaient pas reçu d’invitation (Lc 14, 1.7-24), dimanche dernier, Jésus s’adresse aux grandes foules. Il n’est plus un inconnu. Sa notoriété est grande. Il a du succès. Cependant, il pose des conditions pour marcher à sa suite, car il est exigeant. Il ne veut pas donner l’impression que c’est facile. Dans les conditions que Jésus pose pour être son disciple, - si quelqu’un vient à moi – il y en a deux : 1) Le préférer à toute autre personne y compris à soi-même ; 2) porter sa croix

Quand on pense aux 33 années de sa vie, nous nous rendons compte que Jésus a vécu ces deux aspects : 1) à douze ans, lorsqu’il reste au Temple, alors Marie et Joseph ont pris le chemin du retour, et qu’ils le retrouvent trois jours plus tard, tout inquiets, ne leur dit-il pas : « Ne saviez-vous pas qu’il faut que je sois aux affaires de mon Père ? » (Lc 2, 41-52) Il ne fait pas sa crise d’adolescence. Il n’appartient pas à ceux qui l’ont élevé humainement. Il est l’Envoyé de Dieu pour une mission qui dépasse sa famille, mission qui dépasse le peuple d’Israël auquel il appartient, mission qui concerne toute l’humanité, chaque être humain. Le préférer à tous les autres ne signifie pas pour autant ne pas aimer les autres. Le préférer, c’est le mettre en haut de l’échelle, sur la première marche du podium. Ste Térésa de Calcutta a fondé toute sa vie sur le Christ qui l’a envoyée aimer et s’occuper des lépreux, des mourants, des nouveaux-nés abandonnés.

Jésus crucifié2) Rappelons-nous, après sa condamnation à mort et la flagellation, Jésus porte une croix en bois. Du bois mort. Une croix lourde. Une croix qui est un supplice. Une croix sous le poids de laquelle il est tombé 3 fois. Croix dressée sur une colline, aux yeux du monde, entre deux brigands. Croix sur laquelle il pardonne. Croix sur laquelle il aime d’un amour divin. Croix sur laquelle il ne fait pas semblant de souffrir. Croix sur laquelle il meurt. Croix qui symbolise tous les refus d’aimer, tous les endurcissements personnels et sociaux. Et nul ne choisit sa croix. Sainte Térésa de CalcuttaSte Térésa de Calcutta a continué à passer des heures en prière alors qu’elle ne sentait plus l’amour de Jésus pour elle. Elle qui s’occupait d’enfants de la haute société indienne, Jésus lui a demandé de se mettre au service de tous les rejetés, les rebuts de cette même société, les intouchables, la caste la plus basse et la plus nombreuse.

Jésus résume ces deux conditions dans sa conclusion où il demande de renoncer à tout ce qui nous appartient. Pourquoi ? Il veut nous permettre de mettre chaque chose et personne à leur juste place. Abandonnons nos idoles humaines ou matérielles pour redonner au Seigneur de nos vies la première place. Le Fils de Dieu en devenant pleinement et véritablement un homme, n’a-t-il pas accepté de mettre entre parenthèses sa nature divine, sans la perdre, mais en la voilant dans son corps humain ? « Lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. » (Ph 2, 6-8) En renonçant, nous devenons plus libres, nous devenons plus libres.

Réfléchir avant de s'engagerMais avant de s’engager à la suite de Jésus, celui-ci nous demande de réfléchir. Même s’il peut y avoir un coup de cœur, un coup de foudre, il invite chacun à réfléchir aux conséquences de son choix, en toute liberté. Ce sont les comparaisons de celui qui veut bâtir une tour et du roi qui part faire la guerre. Il faut s’informer, confronter différents points de vue, comparer ce que je vais perdre et ce que Dieu va me donner. En toute connaissance de cause, en toute liberté, nous pouvons décider de nous engager à sa suite. En ce début d’année scolaire et pastorale, après avoir pris le temps de nous asseoir, de réfléchir seul(e), de discuter en couple, en famille, et de prier, choisissons à nouveau le Christ Jésus, le Chemin de Vie qui nous fera le plus grandir personnellement et avec les autres. Il en va de notre progression personnelle.

Sg 9, 13-18 ; Ps 89 ; Phm 9b-10.12-17 ; Lc 14, 25-33
P. Olivier Joncour

Jean-Philippe Auger "Comment Jésus a coaché douze hommes ordinaires pour en faire des leaders extraordinaires" (Salvator, 2016)

Jean-Philippe Auger "Comment Jésus a coaché douze hommes ordinaires pour en faire des leaders extraordinaires" (Salvator, 2016)

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