Recevoir le Corps du Christ aujourd’hui Homélie St Sacrement C (29.05.2016)

Dimanche 29 mai 2016 St Sacrement du Corps et du Sang du Christ C St Pierre St Paul Colombes, 1° com°

Recevoir le Corps du Christ aujourd’hui

St Luc ne raconte pas dans l’évangile, qu’après ce pique-nique improvisé, il y a eu une grève des boulangers et des pêcheurs. Ils ont eu peur de la faillite si Jésus recommençait chaque fois qu’il enseignerait et ferait des guérisons ! Dans la vie, on rencontre plusieurs catégories de personnes :

1) Ceux qui donnent, ceux qui offrent
Comme Melkisédek, roi de Salem, qui fit apporter du pain et du vin. Comme Abram qui lui donna le dixième de tout ce qu’il avait pris. Comme celui ou ceux qui ont donné les cinq pains et les deux poissons. On donne à Jésus cinq pains et deux poissonsComme les disciples qui ont donné à la foule les pains et les poissons partagés. Comme St Paul qui a donné aux chrétiens de Corinthe ce qu’il avait reçu : le récit de ce que Jésus avait dit et fait lors de la Cène.
Comme Jésus qui a donné sa vie, à travers les gestes et les paroles du pain rompu et du vin : ceci est mon corps, qui est pour vous. Bien plus, Jésus s’est donné, corps et âme, cœur et esprit, sa liberté et sa volonté.
Pendant la messe, nous n’assistons pas à un spectacle où nous regardons Jésus s’offrir à son Père et pour nous. Si on utilise le mot ‘liturgie’ qui veut dire ‘action du peuple’ de Dieu, c’est que nous sommes acteurs : Jésus nous apprend à nous offrir, à faire de nos vies une offrande à Dieu.

2) Ceux qui bénissent, ceux qui disent du bien
Comme Melkisédek, qui bénit Abram et son Dieu : Béni soit Abram par le Dieu très Haut, qui a fait la terre et le ciel ; et béni soit le Dieu très-haut.
Comme Jésus qui, après avoir pris les cinq pains et les deux poissons, et ayant levé les yeux au ciel, prononça la bénédiction sur eux.
Prière avant les repas, le bénédicitéDans l’encyclique publiée il y a un an (Laudato Si'), le Pape François invite à retrouver le sens du bénédicité, de la prière avant chaque repas pour « fortifier notre sentiment de gratitude, pour les dons de la création, reconnaître ceux qui par leur travail fournissent ces biens, et renforcer la solidarité avec ceux qui sont le plus dans le besoin. » (LS 227). Dans combien de familles priera-t-on avant de manger ce midi ?

3) Il n’y a vraiment personne comme Jésus
Entre les cinq pains et les deux poissons, et la foule rassasiée et les douze paniers pleins, il y a Jésus et ses disciples. Qui enseigne sans que le temps paraisse long ? Qui guérit les corps et les cœurs ? Qui n’aime pas qu’on se décharge sur lui par paresse ? Qui responsabilise ses disciples ? Qui fait des choses extraordinaires à partir de l’ordinaire ? Qui fait attentions aux personnes et à leurs besoins ? Qui a changé l’eau en vin qui manquait à un mariage à Cana (Jn 2, 1-12) ? Qui peut transformer notre vie si nous la Lui donnons ? Qui a inventé le Filet-O-Fish pour cette foule qui l’a écouté toute la journée ? Non il n’y avait pas de Mc Do à l’époque.
Et si, nous apprenions à vivre de façon équilibrée, avec Jésus. N’est-ce pas ce que nous voulons vivre dans notre Eglise, la joie de la rencontre ? Pas seulement avec ceux qui sont comme nous mais aussi avec ceux sont cabossés et blessés, ceux qui ont du mal à partager, ceux qui maudissent, ceux qui se pensent loin de Dieu ou qui ne savent pas que Jésus est Vivant. De même que Jésus a enseigné la foule et les Douze, de même laissons-nous former par Jésus en L’écoutant et ceux qui Le connaissent bien. De même que Jésus, avec ses apôtres, a créé un esprit de fraternité entre les participants, ayons l’audace de vivre tous les jours avec Jésus qui veut que nous nous reconnaissions comme frères et sœurs. De même que les disciples se sont mis au service de Jésus au profit de la foule qui avait faim, mettons notre tablier de serviteurs comme Jésus qui a lavé les pieds des apôtres (Jn 13). De même que Jésus se retirait à l’écart pour prier Dieu son Père, de même nous ne perdons pas notre temps en louant le Seigneur, en Le remerciant pour ses merveilles, en Lui confiant la vie des hommes, des femmes, des enfants qui souffrent. De même que la vie de Jésus est l’Evangile à toute l’humanité, Il attend que nous dépassions notre timidité pour aller vers les autres pour que notre manière de vivre, de parler, d’agir, de pardonner pose question et oblige à nous demander : « D’où vient ta joie ? »

Recevoir le Corps du Christ aujourd'huiRecevoir le Corps du Christ aujourd’hui, c’est ouvrir bien grandes les portes de sa vie à Jésus. Le recevoir aujourd’hui, c’est nous faire pauvres comme Lui pour qu’Il nous nourrisse et nous donne le nécessaire. Recevoir le Corps du Christ maintenant, c’est accepter d’apprendre à donner à manger aux autres comme les apôtres l’ont appris de Jésus ce jour-là. Le recevoir maintenant, c’est changer pour ressembler au Dieu qui aime, qui donne la vie, qui pardonne, qui rejoint ceux qui sont en situation de manque, … Recevoir le Corps du Christ aujourd’hui, c’est l’entendre nous dire : donnez-leur vous-mêmes à manger.

Gn 14, 18-20 ; Ps 109 ; 1 Co 11, 23-26 ; Lc 9, 11b-17
P. Olivier Joncour

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