La sainteté pour tous Homélie Toussaint (1.11.2015)

Toussaint Dimanche 1° novembre 2015 St Pierre St Paul, Colombes

La sainteté pour tous

Comment pouvons-nous éclairer la Fête de la Toussaint en cette Année de la Vie consacrée et à la suite des trois semaines du Synode sur la famille ? La deuxième lecture que nous avons entendue nous fait découvrir plusieurs aspects :

L'amour de Dieu est grandD’une part, c’est le constat que l’amour de Dieu le Père est grand grâce à la pédagogie divine qui le déploie dans le temps. Toute l’histoire de l’Alliance de Dieu avec la descendance d’Abraham et celle de l’Eglise nous donnent l’audace de compléter en disant que cet amour est immense, infini, merveilleux, inattendu et déconcertant. Dieu a tout créé par la puissance de sa Parole : chaque chose pour elle-même et en cohérence avec tout le reste, jusqu’à donner vie à l’homme et la femme créés à son image (Gn 1). La bonté du Dieu qui vient à la rencontre des hommes se prouve et s’éprouve, non pas de façon théorique ou virtuelle, mais de manière bien réelle. Il a appelé Abraham à tout quitter (Gn 12). Il a appelé Moïse pour conduire son peuple hors d’Egypte où il est retenu esclave par Pharaon, jusqu’en Canaan. Il a pris soin de lui pendant les 40 ans au désert, en lui faisant traverser la Mer Rouge à pied sec, en donnant la manne et l’eau sortie du rocher, en lui donnant les 10 Paroles de Vie pour l’aider à grandir en liberté (Ex). Il lui a donné une terre (Jos). Il a envoyé à son peuple des prophètes lorsqu’il se détournait de Lui, pour se rappeler à son bon souvenir, pour lui donner une nouvelle chance, pour le relancer et lui prouver sa fidélité, son amour qui ne désespère pas et qui pardonne.
Dieu a tant aimé le monde qu'il a envoyé son FilsIl a été jusqu’à s’impliquer d’une façon très chère et originale : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils » (Jn 3,16). Et le Fils a rejoint l’humanité dans ses joies et ses lâchetés pour l’en libérer. Il l’a rejoint depuis la naissance jusqu’à la mort, en passant par la douleur d’un deuil (Lazare ; Jn 11), la souffrance psychologique et spirituelle d’être rejeté et oublié, la douleur physique de la flagellation, du poids de la croix et de la crucifixion. Toujours dans cette logique amoureuse et bienveillante, L'Esprit Saint répandu sur les apôtres à la Pentecôtele Père et le Fils ont répandu l’Esprit St sur les disciples de Jésus (Ac 2) qui ont mis leur foi en ce Messie crucifié, relevé de la mort, Sauveur de tous les persécutés et martyrs.

D’autre part, il y a cette réalité nouvelle donnée par Dieu lors de notre baptême : l’être enfant de Dieu : fils ou fille du Père par adoption que rien ne pourra nous enlever. Et St Jean nous indique une tension : dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’apparaît pas encore clairement : cette réalité existe mais nous avons aussi à l’approfondir, à la déployer. Elle va se développer dans le temps et l’histoire de notre amitié avec notre Créateur.
Des saintsQui ne connaît pas Ste Thérèse de Lisieux, Ste Thérèse d’Avila, St Jean de la croix, St François d’Assise, St Ignace de Loyola, St Dominique, …? Qu’ont-ils tous en commun ? Avant tout, ce sont des baptisés-confirmés qui se savaient pécheurs et qui savaient se laisser renouveler par le pardon du Seigneur et nourrir par sa Parole et le Corps du Christ. Ils ont aussi en commun d’avoir été appelés par le Seigneur à tout quitter pour Lui, pour le Royaume, à être signes que l’on peut consacrer toute sa vie à Dieu.
Saints Louis et Zélie Martin, Alençon, LisieuxCes dernières semaines, nous avons davantage entendu parler d’un couple marié, parents d’une famille nombreuse du XIX° S, en Normandie, Sts Louis et Zélie Martin. Ils ont su nourrir et renouveler leur amour l’un pour l’autre, dépassant les difficultés et les épreuves. Ils se connaissaient suffisamment bien personnellement pour pouvoir comprendre et respecter l’autre. Ils ont grandi l’un par l’autre, l’un pour l’autre, et permis à chacun de leurs enfants de trouver leur voie, là où le Seigneur les attendait. Ils ont su transformer l’estime mutuelle et le sentiment amoureux en amour durable. Avec le temps, ils ont progressé dans les différentes dimensions de leur intimité : dans leurs sentiments, dans l’expression corporelle et sexuelle de leur amour, dans leurs rencontres dans leur paroisse et la société, du point de vue intellectuel et enfin spirituel. Combien d’autres couples vivent ces différentes dimensions de la ressemblance à Dieu qui est communion d’Amour !

Autrement dit, même avant le Concile Vatican II dont nous fêterons le cinquantième anniversaire de la clôture le 8 décembre prochain, le rappelle et l’encourage, il était clair que l’appel à la sainteté n’est pas l’exclusivité des consacrés ou des religieux. Il est pour tous, même si les modalités varient selon les engagements et les formes de vie. Il y a des constantes : un ancrage dans le baptême et la vie en Eglise, une ouverture aux autres, en vivant l’Evangile en plénitude, c’est-à-dire l’amour de Dieu et du prochain, à la suite de Jésus. Même si le chemin est long et parfois semé d’embûches, elles ont appris à laisser l’Esprit Saint conduire leur vie, leurs relations, leurs choix, … Il y a des moments de joie, de sourire, de paix intérieure. Et si elles ont en commun d’être reconnues saintes par l’Eglise après leur mort, c’est à partir de ce qu’elles ont vécu de leur vivant qu’on peut le dire et l’affirmer.

Ap 7, 2-4.9-14 ; Ps 23Jn 3, 1-3 ; Mt 5, 1-12a
P. Olivier Joncour

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