Détresse et relèvement Homélie 33° dim TO B (15.11.2015)

Dimanche 15 novembre 2015 33° dim TO B St PP Colombes, Secours Catholique

Détresse et relèvement

Les lectures de ce dimanche n’ont pas été changées ou adaptées en lien avec l’actualité. Retenons deux phrases.

Ce sera un temps de détresse, comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent, jusqu’à ce temps-ci. Qui est ce prophète Daniel dont nous avons entendu un extrait dans la première lecture ? Moi j’ai cru que c’était un éditorialiste dans un journal paru samedi matin après les horreurs des attentats des terroristes vendredi soir à St Denis et à Paris. Ou un article sur un blog ou sur son compte Facebook. Ou un tweet.
ils vous persécuterontDans la Bible, le genre littéraire apocalyptique est utilisé lors de moments de crises et de persécutions contre des croyants pour les soutenir dans leur foi en leur rappelant que Dieu n’abandonne pas les siens et qu’il reste vainqueur à la fin. Toutes ces images décrites par Jésus peuvent aussi nous effrayer. Peut-être que nous avons vu des images du Bataclan, avec des vrais morts, de vrais blessés, des vrais terroristes. Quel paradoxe et contraste lorsque nous prenons conscience que ce n’est pas un film, ni une fiction imaginaire, encore moins un jeu vidéo.
Après la sidération de la violence gratuite, de la barbarie, de la peur, de la boucherie qui cherche à scandaliser, à diviser, à se méfier de son voisin ou de sa voisine. Face au ‘Spectre’ (007, 2015) du mal, face au mal incompréhensible érigé en terme de stratégie médiatique pour oublier des défaites sur d’autres terrains, il y a ‘le réveil de la force’ (Star Wars ép. VII, 2015) Rappelons-nous que si la France a été attaquée par les terroristes, L'armée française est présente en Afrique en opérations extérieuresc’est parce que notre armée fait la guerre aux islamistes en Afrique, en Syrie et ailleurs. C’est pourquoi l’Etat islamique, ‘L’Empire contre-attaque’ (SW ép V). En face, on a envie de dire : ‘Jamais plus jamais’ (007, 1983) face à ‘La menace fantôme’ (SW ép I, 1999), avec ces terroristes qui vivent au milieu de nous, sans oublier que ‘Tuer n’est pas jouer’ (007, 1987). Nous le savons, la peur exclut. Au contraire, la confiance accueille. La guerre tue. Avec la paix, la vie renaît et un avenir s’en-visage.
Je fais partie de ces générations qui n’ont pas connu la guerre en France. Je fais partie de ces générations qui ont appris au lycée que la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), puis la Communauté Economique Européenne (CEE) et enfin l’Union Européenne (UE) avaient permis de vivre en paix entre pays européens alors que deux guerres mondiales avaient divisées et opposées deux ou trois générations d’Allemands, de Français, d’Anglais, de Russes puis de Soviétiques. Et nous pensions en être préservés car nos soldats étaient sur des opérations extérieures en Afrique, au Proche Orient.

Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des tempsPour les uns, ce sera « N’ayez pas peur ! » Pour d’autres : « La paix soit avec vous. » Ou encore : « Aimez vos ennemis. Bénissez ceux qui vous persécutent. » Et aussi : Le Fils de l’homme est proche, à votre porte. Et encore : « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps. » (Mt 28) Ces paroles peuvent nous réconforter. A nous aussi de choisir des paroles et des gestes de paix et d’hospitalité. Vendredi soir, le #portesouvertes s’est répandu sur les réseaux sociaux pour accueillir ceux qui ne pouvaient pas rentrer chez eux car les transports en commun étaient fermés. Secours Catholique 2015 Pour aider les plus pauvres, je choisi d'agir avec euxA sa manière, aussi le Secours Catholique, comme bien d’autres associations caritatives favorisent et encouragent des gestes de fraternité, d’entraide et de solidarité. N’attendons pas d’être bénévoles dans une association pour agir avec ceux qui en ont besoin. Soyons veilleurs dans notre voisinage.
Ces événements dramatiques ont eu lieu dans la nuit, un vendredi. Le troisième jour, dans quel état ressortons-nous ? Abattus ? Reprenons les mots de St Paul : « Nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés ; nous sommes désorientés, mais non pas désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés mais non pas anéantis. » (2 Co 4, 8-9)
Revenons à ce que Jésus a vécu, car c’est bien d’un temps de crise qu’est née l’Eglise : tout commence à la Cène. Alors que ce dernier repas de Jésus devait unir, mettre en communion, une force de division atteint le groupe : l’un des Douze a quitté le groupe pour vendre son Maître pour 30 deniers. Un autre qui avait été choisi pour être à la tête du groupe refuse de se faire laver les pieds (Jn 13). Celui-là même pour qui Jésus avait prié pour sa foi l’a renié par trois fois. Pierre, Jacques et Jean, les trois que Jésus avait emmenés avec lui à l’écart pour veiller et prier se sont endormis trois fois. La foule qui avait chanté « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » réclame la libération de Barrabas et la mort de Jésus. Celui-ci meurt sur la croix. Il ne reste que quelques personnes, pas que les doigts d’une main. Trois jours plus tard, Dieu le ressuscite. Cinquante jours plus tard, les apôtres reçoivent le St Esprit, confirmés dans leur foi. Ils sont méconnaissables.

Il nous faut dépasser l’émotion. Face à un discours catastrophiste, continuons à former des projets, à résister intérieurement, à donner un sens à sa vie. Soyons des vivants, agissons pour les autres ; ne restons pas seuls et ne nous lamentons pas. La vie continue. Soyons vigilants ! Continuons à faire confiance en Dieu et dans les autres. Pas Dieu qui punirait. Il s'agit de continuer à créer des liens, pleins de cette espérance qui vient du Ciel.

Dn 12, 1-3 ; Ps 15 ; He 10, 11-14.18 ; Mc 13, 24-32
P. Olivier Joncour

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