Aie confiance, Dieu est fidèle Homélie 32° dim TO B (8.11.2015)

Dimanche 8 novembre 2015 32° dim TO B St EH Colombes, Messe en famille

Aie confiance, Dieu est fidèle

Le point commun entre l’extrait du 1° livre des Rois et l’Evangile, ce sont deux femmes, des veuves pauvres qui donnent tout. Il y a certes presque dix siècles d'écart entre elles, mais leur générosité est la même. Je ne sais pas si le Synode des familles a parlé d'elles. Nous avons, d’une part, une veuve qui n’est pas juive et qui vit seule avec son fils, donne au prophète Elie le pain qu’elle a préparé avant de penser à elle et son fils. De l’autre, une veuve juive et pauvre donne toutes ses richesses.
carte de Tyr, Sidon et SareptaOù se trouve Sarepta ? C’est une ville qui se situe sur la côte ouest des Etats-Unis de la Phénicie, sur la Méditerranée, au nord d’Israël, entre Tyr et Sidon.
Le point commun entre le prophète Elie et la veuve, c'est qu'ils sont tous deux face à une question de vie ou de mort. Comme il n’a pas plu pendant 3 ans et demi,  plus rien ne pousse. Les réserves de blé sont épuisées. C’est la famine à cause de la sécheresse. La veuve n’a presque rien : une poignée de farine et un peu d’huile.
Elie, la veuve de Sarepta et son filsLa veuve sait qu’il lui reste trois choses à faire : cuisiner, manger puis mourir. Cette femme est donc sur le point de préparer son dernier repas avec le peu qu’il lui reste. Le prophète Elie l’invite à considérer les choses autrement : il l’invite à la confiance : « Aie confiance. Dieu est fidèle. » Et pour vérifier le dicton, « quand il y en a pour deux, il y en a pour trois », il lui demande de préparer un troisième pain pour lui. Le prophète, jouant son rôle de porte-Parole de Dieu lui fait une annonce à peine croyable : jarre de farine, point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. « Aie confiance. Dieu est fidèle. » Elle accepte de donner le petit pain au prophète qui le demande pour lui avant elle. La femme a laissé la première place à l’homme de Dieu et donc, à travers lui, à Dieu, avant de penser à elle et son fils.
Offrande de la veuve pauvre au temple de JérusalemComme ces deux veuves, je connais des femmes seules, veuves ou dont le père de leurs enfants les a quittées, des femmes d’une très grande foi. J’en connais d’autres qui donnent beaucoup à l’Eglise en proportion de ce qu’elles gagnent, comme la veuve au Temple de Jérusalem.
Parce que la veuve a décidé de partager et de donner sans attendre aucune récompense, elle va continuer à vivre, elle et son fils. Qu’est-ce qui a permis à Elie d’inviter cette femme à la confiance ? Juste avant, au début du chapitre 17, à 110 km de là, Elie avait fait l’expérience de la bonté de Dieu qui lui envoyait du pain et de la viande matin et soir (v. 6). des corbeaux apportaient, matin et soir, du pain et de la viande au prophète ElieNous avons tous en tête l’image d’un jeune sur un scooter livrant ses pizzas. La Bible raconte que Dieu avait choisi le chemin des airs en se servant de corbeaux comme livreurs. Au verset 9, juste avant notre épisode, Dieu avait dit à Elie : « Lève-toi : va à Sarepta, dans le pays de Sidon ; tu y habiteras ; il y a là une veuve que j’ai chargée de te nourrir. » Après les corbeaux, c’est donc une veuve étrangère au peuple juif, habitant en territoire païen qui est chargée de nourrir au quotidien l’un des grands prophètes du Dieu d’Israël.
Et la femme fait confiance car elle n’a rien à perdre. « J’ai fait confiance en ce Dieu qui est fidèle avec son prophète. Pourquoi ne le serait-il pas avec moi ? » Elie et la veuve ont conscience au bout de ce qu’ils peuvent faire humainement. Cependant, Elie a la conviction que tout est possible à Dieu. Quel contraste entre Lui qui continue à croire et tous les autres juifs qui se sont détournés de Dieu ! Quand, comme humains, nous avons fait tout notre possible, que la science et la technique ne peuvent rien de plus, et que nous le reconnaissons, alors, avec la foi, tout devenir possible si Dieu le veut. S’il plaît à Dieu.
A cette veuve qui pense à la mort, Elie lui parle de vie. Et c’est par elle que la vie va continuer. Le prophète, inspiré par le Seigneur Dieu, rassure, apaise et tranquillise la femme. Quand il nous arrive d’être désespéré, face à nos constat de misère, à nos conviction que nous ne pourrons jamais sortir d’une situation très compliquée ou difficile, avec la veuve de Sarepta, nous apprenons à mettre notre foi en la Parole de Dieu, foi qu’Elie confirme par sa prière : Dieu fait revenir à la vie l’enfant de la veuve (1 R 17, 17-24). A moi aussi, sans être prophète, il m’est arrivé d’inviter des personnes à grandir dans la confiance en Dieu alors que cela me semblait impossible à vue humaine. « Aie confiance. Dieu est fidèle. » Les personnes n’ont pas été déçues. Au contraire !

1 R 17, 10-16 ; Ps 145 ; He 9, 24-28 ; Mc 12, 38-44
P. Olivier Joncour

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