Pédagogie divine Homélie 27° dim TO B (4.10.2015)

Dimanche 4 octobre 2015 27° dim TO B St EH Colombes

Pédagogie divine

St François d'AssiseEn ce dimanche, nous sommes au carrefour de plusieurs routes : l’autoroute de la création de Dieu où il a donné vie à l’homme et la femme créés l’un pour l’autre, celle de St François d'Assise, la départementale de l’encyclique Laudato si’ sur l’invitation à changer de comportements pour que notre terre reste habitable pour tous, et la Nationale du 2° Synode sur la famille sur « la vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et dans le monde contemporain », le tout sous le regard de l’équipe de jeunes couples qui ont préparé les messes de ce dimanche.

Quelle est la pédagogie de Dieu ? Pour raconter l’acte de la création, les auteurs des deux chapitres de la Genèse ont choisi une manière poétique et mythique pour répondre à une question précise : non pas comment Dieu a créé, mais pourquoi ? Que Dieu ait créé par sa Parole (Gn 1) ou à la manière d’un potier pour l’homme et les animaux, et d’un anesthésiste-chirurgien pour la femme (Gn 2), Dieu fait toute chose bonne en son tempsDieu prend son temps, en six jours selon Gn 1, ou l’homme puis les animaux qu’il a modelés puis la femme qu’il a façonnée dans Gn 2. Dieu a pris son temps au commencement, mais encore aujourd’hui dans cette création continuée qu’Il a confiée à l’humanité, et qu’il continue à faire exister chaque jour.
Dieu ne fait pas tout pour autant : il demande à l’homme « de cultiver et de garder le jardin » (Gn 2,15b), de donner un nom aux animaux pour qu’il s’y intéresse. L’homme s’émerveille devant la femme : ‘voilà l’os de mes os, la chair de ma chair’, une autre manière d’exprimer la correspondance et la proximité entre le masculin et le féminin que Dieu confie l’un à l’autre.
Dieu donne la parole à l’homme. Autant dans le 1° chapitre de la Genèse, Dieu se réjouissait de tout ce qu’il avait créé à la fin de chaque jour – « Dieu vit ce qu’il avait fait, c’était bon » (Gn 1, 10b.12c.18b.21c. 25b.31a) – autant dans ce 2° chapitre, l’homme se réjouit de la présence de la femme à ses côtés. Et nous aurions envie de compléter en chantant les merveilles de Dieu : « Loué sois-tu (Laudato si’), Seigneur, pour la femme, le vis-à-vis que tu m’as donnée comme une aide, pas une servante mais celle qui va m’aider à devenir tel que Tu m’espères. »

Dans l’Evangile, nous risquons de rester fascinés par la question-piège des pharisiens et la permission-dérogation de Moïse, qui risquent de nous faire oublier le projet de Dieu pour les amoureux, de masquer la la bonne nouvelle de Dieu pour le couple, homme et femmebonne nouvelle divine pour le couple homme-femme faits pour la relation, créés par Amour et pour l’amour.
Dans une situation où nous avons à faire un choix, Jésus nous donne une formation. Il éclaire notre conscience pour prendre une décision. Il y a en effet, plusieurs logiques :
+ le légalisme, c’est la logique du permis-défendu, celle des pharisiens que Jésus remet en cause ;
+ l’intention divine, la logique que Jésus rappelle en ouvrant les premières pages de la Bible pour présenter le projet de Dieu, son désir, avant que des hommes ne l’adaptent à leur situation par facilité ;
Dans la recherche d’une vie bonne et morale, il y a aussi :
+ le laxisme, le laisser-aller, le laisser-faire, sans contrainte, sans exigence pour soi et les autres, tout le contraire des pharisiens ;
+ l’utilitarisme, où l’on peut en venir à considérer l’autre comme un moyen et non pas comme une fin. C’est le « j’ai besoin de toi » tant que j’ai besoin de toi, avec le risque de réduire l’autre à un objet en oubliant qu’il est un sujet ;
Le triange de l'éthique+ l’éthique de responsabilité, enfin, où l’on apprend à tenir compte du réel, de la vie, de la réalité, et non pas de façon théorique ou idéaliste. Nous le savons, dans des situations très complexes, il faut éclairer notre décision en écoutant ce que Dieu nous dit dans la Bible car il veut le meilleur pour nous, en prenant l’avis d’autres et en nous laissant guider par l’Esprit St qui nous guide et fait imaginer une solution dans notre conscience, cette petite voix que nous entendons au fond de notre cœur.

En conclusion, même si Jésus ne condamne pas ce que Moïse avait autorisé, face au risque d’un isolationniste et exclusiviste d’un petit groupe de purs, face à la peur de s’engager pour toute la vie, face aux difficultés de la vie, Jésus nous dit : « N’ayez pas peur ! Faites-moi confiance ! C’est possible avec ma grâce, avec mon aide ! Dieu n’est pas Celui qui veut vous piéger ! Au contraire, Il est Celui sur Qui nous pouvons faire reposer nos choix et nos engagements et qui nous aide à les tenir ! »

Gn 2, 18-24 ; Ps  127 ; He 2, 9-11 ; Mc 10, 2-16
P. Olivier Joncour

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