Mendiants Homélie 28° dim TO B (11.10.2015)

Samedi 10 octobre 2015 28° dim TO B St PP Colombes Messe des mariés 2015

Mendiants

Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?Rappelez-vous la comédie ‘Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu?’, l’histoire d’une famille de 4 sœurs qui se sont mariées avec chacune un mari d’une autre culture ou religion. Leur père emploie l’expression qui a donné son titre au film car il pense que Dieu le punit. Mais qui est-il ce bon Dieu, ce Dieu de bonté ? Le connaissons-nous si bien que cela ?

Un homme assoiffé d’absolu comme il y en a tant, hier, aujourd’hui et demain, se précipite vers Jésus et lui pose la question qui exprime son désir le plus fort. Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? Jésus le renvoie à des repères qu’il connaît bien : les 6 commandements qui concernent les relations avec les autres. Il a tout bon : 20 sur 20 !
Cet homme, un anonyme de l’Evangile, a tout du premier de la classe, du bon élève qui cherche à faire plaisir à son maître et qui espère qu’on le cite en exemple. A mon époque, on aurait parler d'un faillot, quoi ! Le bon élève, donc, va voir le bon Maître. Jésus reconnaît que l’homme a un grand désir qu’il mène déjà une vie bonne. Et combien de juifs, de chrétiens ou d’autres personnes, dans notre monde, essaient de vivre selon les principes d’une vie bonne et juste, en respectant les lois ! Cependant, Jésus invite ses "disciples-missionnaires", selon une belle formule du Pape François à faire un pas de plus. Et pas n’importe quel pas. Un pas qui coûte : vendre ce qu’il possède, le donner aux pauvres pour devenir disponible comme Jésus, et pour le suivre. Même si Jésus n’appelle pas tous à le suivre de cette façon si radicale, il appelle à une plus grande simplicité de vie. A tous, il demande : ‘dans quoi mets-tu tes sécurités pour l’avenir ?’ Pour le dire autrement, ‘en Qui mets-tu ta confiance ? Dans ce qui t’appartient ou en moi ? En ce que tu vois et peux toucher ou sur ma Parole, sur mon amour, sur mon pardon ?’ Cet esprit de pauvreté, c’est François, le saint d’Assise, qui l’a incarné de façon admirable ! Il a épousé Dame Pauvreté pour tout recevoir de Dieu.

Tous ceux qui font le pèlerinage vers St Jacques de Compostelle à pied font la même expérience : lors de leur départ, ils mettent trop d’affaires dans leur sac à dos. Au fur et à mesure, ils apprennent à faire le tri entre ce qui leur est nécessaire et ce qui n’est qu’accessoire, entre ce qui est indispensable et ce qui est secondaire. Et le croyant apprend à faire confiance à Dieu et à ceux que Celui-ci mettra sur leur chemin. Le pèlerin apprend à ne pas tout contrôler et à recevoir, même ce qu’il n’attend pas !

Nous le savons très bien, les richesses ne peuvent acheter la vie éternelle. Pas plus que la sagesse et la Parole de Dieu. Pourquoi Jésus nous propose-t-il d’être les amis des pauvres et d’inviter ceux qui ne pourront pas nous rendre en retour ? Que savent-ils donner ? Leur temps, leur confiance, leur amitié. Les pauvres mendient, pas tant l’argent de ceux qui en ont un peu plus qu’eux. Ils mendient notre amitié alors que nous vivons parfois des relations à un niveau superficiel. Ils mendient notre temps alors que nous en manquons toujours. Ils mendient notre confiance. Jésus, lui qui était riche de sa divinité, ne s’est-il pas fait pauvre pour nous rejoindre (Ph 2, 6-8) ? Jésus mendie notre temps, notre amitié et notre confianceLui aussi mendie notre amitié – « je ne vous appelle plus serviteurs, [...] maintenant, je vous appelle mes amis » (Jn 15,16) - et notre amour : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? » (Jn 21, 15b). Lui aussi mendie notre temps : « Arrête-toi, ne serait-ce que cinq petites minutes pour prier, pour Me prier. » Lui aussi mendie notre confiance : « Me fais-tu suffisamment confiance pour croire que ce que je te demande est le meilleur pour toi ? »

Comment cela se traduit-il pour des jeunes mariés ? Quand on est jeune, on a la vie devant soi et le monde à conquérir. Certains partent faire le tour de la terre à la rencontre de l’humanité dans sa grande diversité de cultures, de croyances, ... D’autres en profitent pour réaliser un projet qu’ils n’auraient jamais fait s’ils étaient restés célibataires. Pourquoi est-ce possible ? dans cette belle aventure qu’est le mariage, Dieu apporte sa part : ce qui semble impossible à vue humaine, avec nos seules forces, avec notre amour humain, trop humain, il le rend possibleL’amour de l’autre et leur amour pour l’autre leur donne des ailes, une assurance nouvelle, inimaginable avant. Et dans cette belle aventure qu’est le mariage, Dieu apporte sa part : ce qui semble impossible à vue humaine, avec nos seules forces, avec notre amour humain, trop humain, il le rend possible. Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. Comment est-ce possible ? Dieu vient diviniser leur amour par une joie qui vient de Lui et associe les mariés à sa bénédiction et à aimer.

Pour conclure, faisons ce qui est possible à l’homme, quand cela va dans le sens du bien, de la justice et de la paix. Et laissons à Dieu ce que lui seul peut réaliser, car nous savons qu’il le peut, tout ce qui est au-delà de nos forces humaines pour pardonner ou aimer infiniment, si bien que, chaque jour, nous devrions être en mesure non pas de nous demander « qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? », mais de dire ce que le Dieu Bon a fait pour nous.

Sg 7, 7-11; Ps 89 ; He 4, 12-13; Mc 10, 17-30
P. Olivier Joncour

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