Le juste et l'enfant Homélie 25° dim TO B (20.09.2015)

Dimanche 20 septembre 2015 25° dim TO B Colombes

Le juste et l'enfant

Le juste est un signe de contradiction, parce qu’il essaie de faire le bien, de vivre le projet de Dieu pour le peuple, non seulement en respectant les commandements, mais aussi en sachant que ce qu’il fait, il ne le peut que parce qu’il compte sur Son aide. Parce qu’il sanctifie le Nom de Dieu, parce qu’il laisse Dieu régner dans sa vie personnelle, familiale, amicale, professionnelle, parce qu’il laisse à Dieu le soin de faire sa volonté dans sa vie, dans les petites comme dans les grandes choses, alors il dérange les méchants. Ils veulent lui tendre un piège, le déstabiliser, lui causer du tourment et de l’inquiétude sur des aspects insigni-fiants mais qu’ils présentent comme importants. 666Ces méchants sont les bras armés de 666. Ces méchants sont la bouche de celui qui porte un masque, le père du mensonge, celui qui divise, Satan. Ce sont ses projets et ses pensées que l’auteur du livre de la Sagesse nous rapporte. La raison pour laquelle on a gardé ces paroles dans la Bible, c’est qu’elles disent aussi et surtout le fait que Dieu n’abandonne pas celui qui est persécuté. Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires. Malgré la violence gratuite, il y a un acte de foi en la bonté divine qui est plus forte.
Combat spirituel : des choix difficilesUn baptisé est parfois affronté à un combat spirituel, à des choix difficiles. Face à des tentations qui veulent nous éloigner de Dieu, des autres, de nous-mêmes : il faut choisir pour ou contre Dieu, pour ou contre les autres, pour ou contre soi. Il y est souvent question de vie ou de mort. A d’autres moments de la vie, ce combat est face à un adversaire en chair et en os : comment vais-je répondre à celui qui m’a insulté, qui m’a giflé, qui peut aller jusqu’à m’assassiner ? Jésus lui-même a vécu ce combat : face au démon des tentations, il a repoussé et rejeté ce qui l’éloignerait de la mission reçue de son Père (Mc 1, 12-13). Face à celui qui l’a trahi, face à celui qui l’a renié trois fois, face à celui qui l’a condamné à mort, face aux soldats qui l’ont flagellé, face à ceux qui l’ont humilié, il n’a pas invoqué la colère divine ni l’anéantissement du voleur qui l’insultait. Le juste, le seul vrai juste ne répond pas au mal par le mal. Et Dieu est désarmé devant le déchaînement de tant de forces d’opposition. Alors que Jésus annonce pour la 2° fois son rejet, sa mort et son réveil de la mort, nous pouvons nous demander si nous acceptons la croix, celle de Jésus, comme celle de telle ou telle situation que nous n’avons pas choisie. Non pas seul, mais avec l’aide d’autres si nous le leur demandons, comme Simon de Cyrène pour Jésus. A un autre niveau, St Jacques fait la généalogie du mal et de la violence de tout ce qui est un obstacle pour la paix. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Accueillir un enfant au nom de JésusJésus nous indique qu’il y a d’autres catégories d’exclus, de mis à l’écart. Il prend l’exemple de l’enfant à accueillir en son nom, car il est sans défense. Il peut être la victime de bien des maux d’adultes. Jésus nous invite à ouvrir les yeux sur d’autres situations de personnes blessées, en regardant vers les autres, en étant attentifs aux diverses fragilités vécues, en repérant l’action de Dieu dans la vie de nos contemporains, les gestes et les paroles de fraternité vécus réellement, ici et maintenant, et à le partager. Face au risque de repli sur nous-mêmes, le Christ nous lance un défi : écouter avec bienveillance l’expression des fragilités et faire une place réelle aux plus fragiles dans notre vie paroissiale. Un autre challenge nous est lancé cette année dans notre manière de vivre et d’agir avec les autres : trouver des chemins concrets et simples pour exprimer la Bonne Nouvelle : « tu as du prix aux yeux de Dieu et de l’Eglise, et Dieu t’aime plus que tu ne le penses. » C’est possible si, déjà entre nous, nous prenons le temps d’écouter et de partager la Parole de Dieu, c’est alors que nous découvrons qu’elle est vraiment une bonne nouvelle pour tous.
Autant les disciples ne comprenaient pas paroles de Jésus et ils avaient  peur de l’interroger, autant, j’espère que vous saurez le faire en découvrant que ce que je viens de présenter est le fruit du travail de la session de rentrée de l’EAP qui a retravaillé le projet pastoral de la paroisse en se demandant comment notre communauté, chaque groupe, service ou mouvement peut être une « oasis de miséricorde » selon une expression du pape dans sa lettre pour l’année de la Miséricorde (n°12). J’ignore de quoi vous discuterez tout en marchant en rentrant, mais que ce soit des paroles de bénédiction d’artisans de paix et de réconciliation.

Sg 2, 12.17-20 ; Ps 53 ; Jc 3,16 – 4,3 ; Mc 9, 30-37
P. Olivier Joncour

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