Des mains au coeur Homélie 22° dim TO B (30.08.2015)

Dimanche 30 août 2015, 22° dim TO B, St Pierre St Paul Colombes

Des mains au coeur

Ce dimanche, les autorités juives envoient des contrôleurs pour faire une inspection auprès de Jésus de Nazareth et de ses disciples : respectent-ils la Loi ou non ? Comme dans un audit, ils posent des questions et vérifient le respect des procédures. Les pharisiens et les scribes remarquent que les disciples ne se lavent pas les mains avant de manger. Il est probable que, même si ce n’est pas raconté dans les évangiles, Jésus ait donné des consignes pour que ses disciples se soient soustraits de cette obligation. On ne les imagine pas le décider seuls, sans une consigne du Maître. Or, une telle décision révèle la liberté de Jésus dans certains domaines : autant il n’est pas venu abolir la Loi et les prophètes, mais l’accomplir (Mt 5,17b), autant il distingue Les Tables de la Loi avec les 10 commandementsles 10 commandements des 613 préceptes qui ont été ajoutés en plus. Jésus distingue les 10 paroles de Dieu de la tradition des hommes. Ce que Jésus reproche à ses contradicteurs, c’est d’être plus attachés à ce qui vient des hommes qu’à ce qui vient de Dieu. Il veut remettre en premier ce qui était passé au second plan.
Alors, pratiquez-vous une religion des apparences ou celle du cœur ? Malgré notre peur naturelle du regard ou du jugement que les autres portent sur ce que nous disons ou faisons, Jésus insiste sur l’importance de l’intention qui naît dans le cœur ! Est-ce intéressé ou non ? C’est le même esprit dont Jésus parle au sujet de l’aumône, de la prière et du jeûne : « Evitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. » (Mt 6,1b) Jésus demande de la discrétion, car il sait que tout part du cœur.
Un exemple : si nous avons lu l’encyclique du pape François Laudato si’ sur la sauvegarde de la maison commune, nous avons pris conscience qu’il y a des changements à opérer déjà à notre niveau dans notre manière de consommer et de vivre y compris dans les petites choses, pour le bien de l’humanité, des générations futures et de toute la création, car « tout est lié ». Ne rien faire, c’est comme écouter la Parole de Dieu et ne pas mettre en pratique. Si vous n’avez pas lu l’encyclique, nous pourrons le faire cette année dans des groupes de lecture et de travail à partir de fiches préparées cet été.

Ecouter et mettre en pratique est un leitmotiv dans les deux lectures : Maintenant, Israël, écoute les décrets et les ordonnances que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique ; mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Ce n’est pas sans rappeler l’appel de Jésus à la fin du Discours sur la montagne : le disciple « qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. » (Mt 7,24)
Par le don de la Loi au peuple par l’intermédiaire de Moïse, le Seigneur ne voulait pas le mettre dans l’embarras ni lui imposer quelque chose d’impossible. Bien au contraire, Il voulait aider le peuple de l’Alliance à grandir dans sa relation avec son Créateur et Sauveur et avec les autres. L’application d’une telle Loi par le peuple élu dont l’art de vivre, sa sagesse, et l’intelligence doivent susciter l’admiration des autres peuples dans la mesure où il n’est pas lointain et indifférent, mais le Dieu proche.
Au sujet de la liste des pensées perverses dont Jésus fait une liste, il nous fait découvrir que nous sommes tous soumis à cette pesanteur de la nature humaine. C’est pourquoi, la Loi est une protection contre des tentations qui nous font entrer dans un combat intérieur pour une vie bonne. Avec Jésus, nous passons du régime de la Loi à celui de la foi et de la grâce. Cela fait aussi passer d’une morale du permis-défendu au choix entre ce qui dessèche et fait mourir ou ce qui fait vivre, aimer et grandir. Un comportement religieux et pur ne consiste pas en l’exécution d’actes de piété ou de dévotion, seul ou en groupe, mais d’actes concrets « de miséricorde corporelle », comme les appelle le pape François dans sa lettre présentant l’Année de la miséricorde (n°15) : visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse, et toutes les actions présentées en Mt 25.

En conclusion, c’est l’attachement à la personne de Jésus qui est premier et plus important que le respect de règles. On n’est pas sauvé parce qu’on respecte des commandements, mais parce qu’on met sa confiance en Dieu Père, Fils et Esprit Saint. Et la seule attitude qui compte pour un chrétien est d’écouter la Parole de Dieu qui vient nous changer notre cœur et de La mettre en pratique, témoignant ainsi de sa force transformation. Être pratiquant consiste en la mise en pratique de la Parole de Dieu dans sa vie quotidienne en aimant et Dieu et son prochain comme soi-même.

Dt 4, 1-8; Ps 14; Jc 1, 17-18.21b-22.27 ; Mc 7, 1-8.14-15.21-23
P. Olivier Joncour

Des mains au coeur Homélie 22° dim TO B (30.08.2015)
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