D'une rive à l'autre Homélie 12° dim TO B (21.06.2015)

Dimanche 21 juin 2015 12° dim TO B St PP Colombes

D'une rive à l'autre

Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait d'eau. Lui dormait sur le coussin à l'arrière. Cette traversée de la Mer de Galilée où les disciples prennent peur à cause de la tempête et du vent fort qu’ils ne peuvent maîtriser ni contrôler, nous en apprend beaucoup sur eux et sur l’Eglise. C’est une leçon pour nous tous. Quand l’Eglise des apôtres a traversé d’autres tempêtes, des forces contraires, ou des obstacles en tous genres, et qu’ils ont fait mémoire de cet épisode, ils se sont souvenus que, même si Jésus dormait, même s’il ne faisait rien, en fait cela ne voulait pas dire qu’il ne pouvait rien faire, et qu’ils avaient, eux, à mettre leur foi en Lui de façon encore plus forte. Et quand la barque-Eglise semble se remplir d’eau au point de couler, ils ont pu se rappeler les mots de Dieu à Job entendus dans la 1° lecture : Dieu pose des limites aux forces de destruction et du mal. Dieu préserve la vie.
Dieu place des limites aux puissances de mort, de destruction : au début du livre de Job, le Seigneur avait dit à l’Adversaire : « Tu as pouvoir sur tout ce que Job possède, mais tu ne porteras pas la main sur lui. » (1,12) De même, Dieu a retenu la mer avec des portes, il lui imposait sa limite et disposai verrou et portes. Cela rappelle l’expérience de l’apôtre Paul qu’il rapporte aux Corinthiens, dans sa 2° lettre : « Nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non pas désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés mais non pas anéantis. Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre » (4, 8-11) corps mortel. Et moi, dans des circonstances semblables, de quoi le Seigneur m’a-t-Il protégé(e) ?
Rappelons les mots très forts de l’apôtre des païens dans la lettre aux Romains : « Dieu est pour nous […] Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? […] J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’Amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Rm 8, 31a.35.38-39)
enfants dans une barqueQuand j’étais enfant, je me souviens qu’avec mes frères, on nous avait prêté une barque. Après nous être éloignés des bords du lac à la rame, et commencé un petit tour, l’un de nous avait posé ses rames, s’était mis debout et avait fait tanguer la barque, si bien que les plus jeunes avaient pris peur, soit de tomber à l’eau, soit que la barque se retourne. Un peu plus tard, l’un ou l’autre a essayé de faire tomber certains à l’eau, comme dans l’histoire de Pincemi et Pincemoi. A d’autres moments, c’était l’un de nous qui ramait dans le sens contraire des autres, ralentissant la barque.
Nous le savons, il arrive que le Paquebot-Eglise soit bousculé par des éléments extérieurs comme la tempête ou le vent, ou que les Maisons-Familles, bâties sur le roc ou le sable (Mt 7, 24-27) aient à affronter de telles intempéries. Ça c’est le malin qui joue son rôle de diviseur, de séducteur, … Le Diable s'habille en PradaEt il ne s'habille pas toujours en Prada! Ce qui est plus grave, voire très grave, Paquebot dans une tempêtec’est quand un ou plusieurs des membres du Paquebot-Eglise ou des Maisons-Familles font tanguer la communauté ecclésiale ou familiale, rament à contre-sens, qu’ils font fuir certaines personnes à cause de leur comportement en contradiction avec un accueil évangélique inconditionnel, qu’ils excluent, qu’ils distillent des rumeurs et des propos mensongers, qu’ils sèment un esprit de division et de jalousie, contre l’unité de l’Eglise ou de la famille. Et c’est encore plus grave quand cette personne en manipule d’autres pour les joindre à sa cause purement humaine, et qu'elle exerce une emprise psychologique sur d'autres pour servir sa cause. Car c’est un très grand péché de diviser une famille ou l’Eglise de l’intérieur. Et quand on joue à un double-jeu, c’est pire encore ! C’est agir de manière simplement humaine !
Et qui d’entre nous peut dire qu’il n’a jamais été confronté à une telle tentation ? Mais aussi qui a découvert qu’il pouvait être l’auteur ou le complice d’une machination ou d’un complot et qu’il décidait d’arrêter pour le bien des autres, peut se sentir libéré d’avoir découvert cette vérité et demander pardon aux personnes blessées et au Seigneur. C’est aussi cela, passer sur l’autre rive, changer, quitter le monde ancien et entrer dans le monde nouveau.
En ce dimanche où la fin de l’année scolaire est proche, nous pouvons nous demander quelle traversée intérieure ou spirituelle j’ai vécue cette année. Quel(s) changement(s) le Seigneur a-t-Il opéré(s) en moi au cours d’un pèlerinage, d’une retraite, d’une messe ?, entre le commencement et la fin ? Et, alors que certains vivent une terrible épreuve, d’autres une tempête personnelle ou familiale, le Seigneur attend peut-être que nous posions un nouvel acte de confiance en Lui !

Jb 38, 1.8-11; Ps 106 ; 2 Co 5, 14-17 ; Mc 4, 35-41
P. Olivier Joncour

"La division dans une communauté chrétienne est un péché très grave. Elle est l'oeuvre du diable." @Pontifex_fr 30.09.2014

"La division dans une communauté chrétienne est un péché très grave. Elle est l'oeuvre du diable." @Pontifex_fr 30.09.2014

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