Entrée dans une nouvelle famille Homélie Veillée pascale (4.04.2015)

Veillée pascale B Samedi 4 avril 2015 homélie dialoguée avec un enfant, St Pierre St Paul, Colombes

Entrée dans une nouvelle famille

Père Olivier, j’ai l’impression qu’il est beaucoup question de la famille dans la Bible, ce soir, n’est-ce pas ?
Tu as bien écouté : la famille est un thème qui parcourt toute la Bible : l’homme et la femme, Abraham et Isaac, les descendants de Jacob, les fils d’Israël, qui fuient l’Egypte, la relation d’une femme abandonnée par son mari. Tu connais aussi des paraboles de Jésus avec un père et ses fils (Lc 15, 11-32 et Mt 21,28-32).

D’ailleurs, c’est quoi une famille ?
La Bible ne donne pas de définition. Le Pape Paul VI a dit qu’une famille est une petite Eglise domestique : elle aide à grandir, elle est un lieu de sécurité physique, matérielle, affective, psychologique, spirituelle. C’est une école de la vie (cf Vatican II Gaudium et spes 47-52).

Pour aller un peu plus loin, c’est quoi être père ? car il paraît que certains de la paroisse font un pèlerinage à pied début juillet à Vézelay.
C’est vrai, c’est la 4° année de suite qu’une trentaine de pères, mariés, séparés ou divorcés, très croyant ou en recherche de Dieu ou sur le sens de leur vie, partent marcher trois jours pour remercier Dieu ou pour Lui demander quelque chose de particulier pour leur famille, leur travail ou un autre sujet. Ils prient les uns pour les autres. Tu sais, souvent dans leur travail, on leur demande d’être des supermen, dans leur famille, on attend d’eux qu’ils soient forts. Eux aussi, ils ont aussi besoin de confier à Dieu les valises lourdes de leur vie, de leur travail, de leur rôle de père.

Prière du 'Notre Père'Et quel est le rapport avec Dieu ?
C’est Jésus qui nous le donne : c’est Jésus qui nous demande d’appeler Dieu, "notre Père" dans la prière qu’il nous a laissée. Si Dieu est Père, c’est parce qu’il a un Fils. Et en disant ‘notre’, c’est une évidence que nous ne sommes pas seuls. Dans sa manière de vivre sa paternité avec chacun de ses enfants, je pense qu’il peut éclairer les pères dans leurs relations avec leurs enfants. Il doit aider ses enfants à grandir dans la vie sans les surprotéger. Et ce n’est pas facile ! Rappelle-toi l’épisode avec Abraham et Isaac ! Si Abraham a engendré Isaac, Dieu permet de couper le cordon ombilical invisible qui relie encore le père et le fils. En fait, face au fusionnel et à la confusion, Dieu distingue les différences, chaque génération pour permettre à chacun de devenir lui-même, et pas la projection de ses parents.
Nul n’est père sans donner la vie à un enfant. C’est le géniteur. Il y a aussi des hommes qui jouent le rôle d’un père, quand celui-ci est mort jeune, qu’il est inconnu ou perdu de vue. Il y a enfin des pères spirituels qui donnent des règles, des conseils de vie, …

Quelle fut la découverte d’Abraham ?
question de vie et de mort pour Abraham et Isaac, perdre pour laisser vivreIl était question de vie et de mort pour Abraham et Isaac. En acceptant qu’Isaac puisse mourir, son père était prêt à perdre ce qui lui était le plus cher et qui pourtant ne lui appartenait pas. A la fin, Abraham est sorti grandi de cette épreuve : son fils unique va pouvoir grandir, y compris sans lui, y compris quand lui sera mort. Abraham se voudrait protecteur, et Dieu l’invite à lâcher prise, à ne pas tout contrôler, à Lui faire confiance car Dieu peut s’occuper et prendre soin d’Isaac, y compris dans l’avenir.

Et, c’est quoi une mère ?
Nous pensons tous à l’expérience de la maternité, aux neuf mois passés dans le ventre maternel, à cette expérience où la femme qui donne la vie devient mère. La maternité se prolonge après la naissance dans l’éducation. Et Dieu sait s’il y en a pour plusieurs années ! Elles aussi ont leur pèlerinage mi-juin.
C’est à l’homme et à la femme que Dieu a donné la capacité de donner la vie en participant à son projet créateur pour le couple. C’est aussi ensemble qu’ils doivent exercer une parentalité responsable (cf Vatican II GS 50,2).

C’est quoi un frère ou une sœur ?
Le premier enfant devient frère ou sœur à partir de la naissance du deuxième. « J’ai un petit frère », ou « j’ai une petite sœur ! » s’écrie l’aîné. Dans la vie religieuse ou monastique, comme dans l’Eglise, les nouveaux ne choisissent pas les frères et sœurs qui les précèdent, ni ceux qui viennent ensuite. Les catéchumènes font l’expérience d’être accompagnés par des aînés dans la foi, des baptisés qui ont un peu plus d’expérience dans la foi et l’amitié avec Jésus, pour répondre à leurs questions, pour les aider à grandir dans la vie en Eglise, à faire le lien entre leur foi qui se fortifie et la vie quotidienne, en famille, au travail, dans leurs relations. guide haute montagneIls sont comme des guides de haute-montagne pour leur montrer le bon chemin et leur éviter les pièges et les crevasses. Jésus un grand frère dont nous pouvons être fiers ! Depuis 2000 ans, l’Eglise est une immense famille d’adoption. C’est notre famille de cœur. C’est une famille qui a aussi ses fragilités et ses faiblesses, qui est parfois divisée, blessée par certains de ses membres.

Finalement, que pouvons-nous retenir ?
A une petite échelle, les familles sont une parabole de l’accueil de la vie, y compris blessée et handicapée, de repas partagés, de l’hospitalité, de grandes générosités. Les familles sont des laboratoires d’une vie en Eglise dans le pardon demandé et donné, dans la prière à plusieurs, dans la recherche de la volonté de Dieu. Les 3 huiles qui ont été bénies au cours de la messe chrismale mardi dernier et qui nous accompagnent tout au long de notre vie, en sont un résumé : l’huile des catéchumènes pour la persévérance et la force dans les commencements, le St Chrême pour fortifier ce qui a déjà commencé à être vécu et pour témoigner des merveilles du Seigneur, l’huile des malades pour donner le soulagement et le réconfort dans la maladie et la souffrance.

Gn 1,1 – 2,4a ; Gn 22, 1-13-15-18 ; Ex 14 ; Is 55 ; Ez 36 ; Rm 6, 3b-11 ; Ps 117 ; Mc 16, 1-18
P. Olivier Joncour

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